Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Centre Alain Savary
Navigation
Vous êtes ici : Accueil / Education prioritaire / Ressources / Axe 3 : Coopérer avec les parents et les partenaires / Le développement du travail partenarial, au-delà des dispositifs, quelle gouvernance locale ?

Le développement du travail partenarial, au-delà des dispositifs, quelle gouvernance locale ?

Par Stéphane Kus publié 27/09/2013 15:50, Dernière modification 14/04/2016 11:31
Ce que l’on peut facilement voir en échangeant avec les différents acteurs de terrain est la diversité des constructions partenariales locales, ainsi que la difficulté à problématiser l’action liée aux nombreux dispositifs partenariaux (volet éducatif du CUCS, PEL, CEL, PRE, CLSPD…). Comment mieux se connaître, mieux comprendre les contraintes spécifiques et les marges de manœuvre possibles de chaque partenaire, comment construire une représentation partagée des problèmes grâce notamment aux apports théoriques de la recherche en éducation ?

Télécharger la fiche imprimable (2 pages) au format PDF

 

 

Parce qu’il demande aux différents métiers de se réinventer, le partenariat ne va pas de soi et prend chaque fois des formes diverses selon le contexte, les acteurs, l’histoire, les organisations institutionnelles toujours différenciées. 

Il doit, pour ne pas se déliter, construire progressivement l’objet partagé de la coopération, à la fois théorique et pratique : c’est par la compréhension partagée de la nature des difficultés (éducatives, scolaires, relationnelles, sociales,...) que les partenaires dépassent peu à peu les a priori de chacun et que l’action partenariale peut élaborer un projet commun.

Les différentes réformes engagées concernent à des niveaux divers les acteurs (réforme de l’Éducation prioritaire, de la Politique de la ville, loi sur la refondation de l’école, acte III de la décentralisation, projets éducatifs de territoire…). Si elles ouvrent un nouvel espace des possibles locaux, elles laissent aussi chacun perplexe devant la complexité de la tâche. Ces réformes posent avec force le sens de l’expression «droit commun» que beaucoup peinent à définir : que doit-on à tous, et que doit-on en plus à certains ? Historiquement le partenariat dans les quartiers prioritaires s’est construit autour de dispositifs qui venaient financer des actions « en plus » pour ceux qui auraient «moins», mais en laissant au second plan l’interrogation sur le fonctionnement «ordinaire» des institutions, que ce soit l’école ou les services éducatifs des collectivités. Par exemple, que d’énergie dépensée depuis plus de trente ans autour de l’accompagnement à la scolarité et de «l’aide aux devoirs», sans que les devoirs, comme pratique produisant de l’inégalité, soient toujours interrogés. 

Derrière les constructions partenariales se redéfinissent au quotidien, des pratiques, des méthodes et des projets qui  font bouger les professionnalités. Cela entraîne le besoin de chercher un surplus de légitimité que pourraient donner les différents responsables hiérarchiques aux niveaux concernés (élus, DSDEN, services municipaux, etc...), à condition qu’ils puissent eux-mêmes trouver le temps de sortir de l’urgence des contraintes gestionnaires et bureaucratiques. Il n’est pas anodin de constater en effet que le partenariat dans les questions éducatives a beaucoup concerné les acteurs de terrain qui s’évertuent depuis près de trente ans à construire des expérimentations, des innovations éducatives qui permettraient de prendre en charge différemment des enfants en difficultés scolaires pour les amener vers la voie d’une plus grande réussite considérée en son sens large. 

Force est pourtant de constater que cette profusion de constructions locales bute sans doute sur des formes de répétition : les questionnements sont souvent redondants depuis de nombreuses années. A ce titre, relire la conclusion des travaux du CRESAS, réalisés en 1989, montre bien la relative inertie des institutions concernées à s’approprier pleinement les effets des expériences locales :

«Un peu partout, nous avons vu - et nous ne sommes pas les seuls des acteurs locaux sur- chargés de travail, essoufflés, démobilisés, se plaignant du manque de moyens et de reconnaissance institutionnelle. C'est toute la question immense du management - comment gérer ces transformations institutionnelles, comment organiser le travail, comment faire fonctionner le système autour de nouvelles priorités - que nous aborderons ailleurs. Contentons-nous ici de quelques brèves remarques.

«Travailler autrement» se réduit vite à «travailler plus» si l'on ne dispose pas de moments et de lieux de rencontres, d'échanges, de concertation, d'évaluation et de formation conjointes.

« Travailler autrement » ne concerne pas les seuls praticiens du terrain. Cette formule vaut également pour les services administratifs et les personnels d'encadrement. Le fait que les circulaires ministérielles incitent à établir des projets d'établissement, des programmes de zone, des contrats de ville implique que l'administration se transforme en administration de projets. Elle ne peut plus se contenter de gérer les postes et les moyens comme il y a plus d'un demi-siècle ; elle devrait être de plus en plus le garant, la force d'appui et la régulatrice des projets locaux et des actions école/quartier. Cela suppose en particulier que les notions de projet et de contrat ne soient pas réservées aux acteurs de terrain mais deviennent les règles du fonctionnement administratif.

«Initiatives locales», «approches localisées» des processus scolaires, «autonomie» des établissements font partie du vocabulaire des décideurs de l'Education Nationale depuis quelques années. Mais dans les sites difficiles, lorsque les relais institutionnels font défaut, les dérives sont fréquentes : isolement des innovateurs, activisme tous azimuts, écoles à petite vitesse déconnectées des objectifs nationaux. Une gestion molle de ces politiques nouvelles conduirait dans les faits à abandonner ces terrains à leur sort et à se reposer sur la seule bonne volonté des acteurs locaux. La mobilisation de l'ensemble de «la machine» Éducation nationale - notamment au niveau des échelons et structures intermédiaires - nous semble l'une des clés du succès.»[1]

Peut-être qu’une des raisons tient au fait que la gouvernance locale n’a jamais fait l’objet d’un approfondissement fort et que le temps est venu de revisiter cette gouvernance locale afin de la fortifier.

Pour aller plus loin :


[1] Chauveau, G., Duro-Courdesses, L. (Dir.), écoles et quartiers, des dynamiques éducatives locales, L’Harmattan/INRP, collection CRESAS, 1989

Présentation du centre

vignette-teaser-cas

Lettre d'actualités
newsletters Pour vous abonner, entrez votre adresse de messagerie :

Actualités
23/01/2020 Le collège Gambetta en REP à Saint-Etienne dans l'académie de Lyon, accompagné par le centre Alain Savary, a mis en place un observatoire du dispositif Devoirs faits, à l'issue de la première année de mise en oeuvre. Cet observatoire a permis d'analyser le pilotage et l'organisation du dispositif. Cet article rend compte des discussions inter-métier sur les enjeux du travail personnel de l'élève. Il présente les outils utilisés pour observer différentes dimensions du dispositif
14/01/2020 Vous êtes toujours plus nombreux à visiter le site du centre Alain-Savary, et à venir aux formations organisées à l'Ifé. Nous vous remercions pour votre confiance. L’équipe du centre Alain-Savary vous souhaite une excellente année riche en découvertes, partages et échanges professionnels.
06/01/2020 Sylvie Guffond est CPD en Haute-Savoie, chargée de mission pour accompagner les formateurs RMC du plan Villani-Torossian, pour l'Académie de Grenoble, depuis la rentrée de septembre 2018. En mars 2019, à l'IFÉ, elle explique comment s'organise l'accompagnement des formateurs RMC, comment ces derniers accompagnent les enseignants et les équipes dans les écoles, et les collaborations en circonscription.
16/12/2019 La boite à outils "compréhension" a été conçue par une équipe pluri-catégorielle. Différentes ressources sont proposées aux formateurs pour accompagner les enseignants dans l'enseignement de la compréhension au cycle 2. " Le cadre théorique" a une finalité de clarification des notions abordées. Les autres ressources constituent des supports de la formation : scénario de formation, canevas d'enseignement, banque de textes, etc...
16/12/2019 La boite à outils "Etude de la langue" a été conçue par une équipe pluri-catégorielle issue du groupe "maitrise de la langue" de l'Essonne Différentes ressources sont proposées aux formateurs pour accompagner les enseignants dans la mise en place d’une démarche réflexive sur la langue soit en lien avec un travail de lecture et de compréhension, soit au sein d’une séance décrochée.
08/11/2019 Une synthèse des réflexions et des outils du centre Alain-Savary au service des formateurs. Quelle serait une formation continue véritablement efficiente, une « bonne » formation, aujourd’hui ? À partir de son expérience, le centre Alain-Savary a défini un certain nombre d’objectifs, de modalités et d'outils pour concevoir la formation continue des enseignants. Version 7 - octobre 2019, enrichie notamment d'un chapitre consacré à l'usage de l'audio et d'un guide d'entretien d'autoconfrontation.
05/11/2019 À partir de situations réelles dans et hors la classe, cette ressource vise à outiller les formateurs sur la question du travail personnel de l'élève.
11/09/2019 Mardi matin, mois de décembre 2017. Élisabeth conduit le rituel de l'appel : Compter les présents et les absents. Elle en fait une activité de mathématiques qui permet de réinvestir certaines connaissances étudiées à d'autres moments sur le nombre .
15/07/2019 Dans une conférence scindée en quatre vidéos, Sylvie Plane, professeure émérite de Sciences du langage, fait découvrir cet objet complexe. De la maternelle au lycée, l'oral est à la fois vecteur et objet d'apprentissage. Ses différentes dimensions : sociales, interactionnelles, cognitivo-langagières, etc. sont exposées en détails dans le but de mieux comprendre ce qui se joue en classe et de penser des pistes de travail pour les élèves.
11/07/2019 À vos agendas ! Le calendrier des formations 2019-2020 de l’Ifé est en ligne et les inscriptions sont ouvertes.
Contacts

Centre Alain-Savary

IFé - ENS de Lyon
15 parvis René Descartes
BP 7000
69342 Lyon Cedex 07

courriel : cas.ife[at]ens-lyon.fr