Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Centre Alain Savary
Navigation

Améliorer la mixité sociale

Par Stéphane Kus publié 27/09/2013 16:15, Dernière modification 14/04/2016 11:31
Selon plusieurs recherches, la mixité sociale est un levier de démocratisation scolaire important, dans la mesure où l’effet, par exemple, d’au moins un tiers d’élèves d’origine « favorisée » dans un établissement a un impact sur les apprentissages de tous les élèves supérieur à un allégement d’effectif. Evidemment, de telles conditions ne signifient pas pour autant un travail plus facile de l’enseignant. En attestent les pratiques de certains établissements, y compris ceux socialement mixtes, qui continuent cependant à organiser des classes socialement clivées, sur le motif qu’une moindre hétérogénéité rendrait le travail plus facile, ou que ces découpages permettraient de garder dans l’établissement les parents de catégories sociales supérieures attachés aux meilleures conditions d’enseignement pour leurs enfants, et capables de faire pression pour l’obtenir.

Télécharger la fiche imprimable (2 pages) au format PDF

 

 

Du fait de la volonté de chaque catégorie sociale de se distinguer/se séparer de la catégorie immédiatement inférieure, des migrations de populations intra- et inter- nationales, et parfois à la volonté des élus locaux de maintenir à distance les populations les plus inquiétantes, les villes et les territoires péri-urbains deviennent de plus en plus clivés. Ainsi, certains quartiers concentrent les plus pauvres et les immigrés récents (parfois péri-urbains, parfois encore en centre-ville malgré les «reconquêtes » organisées par les communes sous la pression des prix du foncier) et d’autres ne sont accessibles qu’aux classes moyennes supérieures du fait du prix des logements ou de l’étalement urbain.

Malgré les politiques publiques visant à reconquérir de la mixité, par des plans de réorganisation urbaine plus ou moins volontaires selon les territoires, les élus sont souvent sous la pression de populations souhaitant limiter les effets de la mixité sociale, d’autant plus fortement qu’ils constituent un électorat actif. 

Dans ce contexte, les contraintes de la « carte scolaire » imposant l’école d’accueil selon l’adresse de résidence, renvoient parfois à une « assignation à résidence » pour les plus pauvres, et les établissements de ces territoires continuent à cumuler les difficultés. Les politiques récentes de désectorisation ont cependant plutôt aggravé la situation[1].

Plusieurs dispositifs ont été développés dans les dernières décennies, avec un poids fort du contexte local qui rend difficile les « généralisations » :

  • transport d’élèves des quartiers déshérités vers des établissements plus favorisés, internats
  • ouverture dans les établissements défavorisés de sections ou parcours d’excellence (CHAM, classes culturelles ou sportives…)
  • développement de projets pédagogiques alternatifs, amélioration des taux d’encadrement pour garder le maximum d’élèves dans l’établissement, dans un contexte où la concurrence scolaire, malgré son effet pédagogiquement inefficace, continue de se développer[2].

Largement dépendants de la cohérence et de l’ambition des projets éducatifs territoriaux, et de l’engagement des professionnels, ces mesures ne suffisent généralement pas à endiguer une tendance de la société au séparatisme social, que seule une politique républicaine volontariste - et donc complexe à mettre en œuvre - peut être en capacité de faire reculer.

Plus que jamais, la question de la mixité sociale dans les établissements scolaires, qui permettrait de réduire significativement nombre de difficultés auxquelles l’Ecole est confrontée, nécessite un débat de tous les acteurs des territoires (citoyens, enseignants, élus, parents, acteurs économiques), en dialogue avec les chercheurs. 

[1] DEPP 83/2013 et Inspection générale

[2] Broccolichi & Benayed, Ecole : les pièges de la concurrence. Comprendre le déclin de l’école française, La Découverte, 2010. Ugo Palheta, Enseignement professionnel et classes populaires : comment s’orientent les élèves « orientés »Revue française de pédagogie, 2010, n° 175, p. 59-72.

Présentation du centre

vignette-teaser-cas

Lettre d'actualités
newsletters Pour vous abonner, entrez votre adresse de messagerie :

Actualités
11/03/2019 Lors des deux journées « Former au lire-écrire-comprendre » organisées par l’IFÉ-centre Alain Savary en octobre 2018, Roland Goigoux, directeur de la recherche « Lire-Écrire au CP » et didacticien de la lecture a présenté son point de vue d’expert sur les évaluations nationales de CP en lecture. Il a également donné des pistes pour aider les enseignants dans leurs propositions de remédiation aux élèves.
12/02/2019 La recherche Lire-Écrire a montré que le temps consacré à l’étude de la langue au CP a un impact positif sur la lecture et l’écriture. Fort de ce constat, un groupe de travail pluri-catégoriel s’est constitué afin d’élaborer des scénarios de formation sur cette question. Patrice Gourdet, maître de conférence en sciences du langage, enseignant-chercheur au sein du laboratoire EMA, à l'université de Cergy-Pontoise, est intervenu à l'Institut Français de l'Éducation, lors de la formation «Former au Lire-Écrire-Comprendre» en octobre 2018.
04/02/2019 Mardi matin, mois de décembre 2017. Élisabeth conduit le rituel de l'appel : Compter les présents et les absents. Elle en fait une activité de mathématiques qui permet de réinvestir certaines connaissances étudiées à d'autres moments sur le nombre .
04/01/2019
04/01/2019 Émilie travaille en atelier avec un groupe de cinq élèves de PS et MS volontaires. Ils ont des cubes emboitables et doivent reconstruire une tour de la même hauteur que celle que la maitresse a cachée sous la boite.
04/01/2019 Comme chaque mardi en fin de journée, Émilie et Élisabeth décloisonnent leurs classes. Les élèves de PS sont réunis dans la salle d'Élisabeth qui conduit un atelier avec cinq d'entre eux. Trois monstres veulent partir en vacances, le tapis volant sera-t-il adapté à la situation ?
04/01/2019 Comme chaque mardi sur ce créneau horaire, les vingt-cinq élèves de MS d'Émilie et Élisabeth sont réunis pour une séance de résolution de problème. Les enseignantes alternent pour conduire ces séances qui ont lieu deux fois par semaine. Aujourd'hui c'est Émilie qui conduit l'activité pendant qu'Élisabeth travaille la situation "des monstres" avec les élèves de PS...
04/01/2019 Mardi matin, mois de décembre 2017, Élisabeth et Émilie conduisent la même activité en "miroir", chacune dans sa classe. Elles ont fabriqué les supports de travail ensemble, scénarisé l'activité ensemble, leurs objectifs d'apprentissage sont les mêmes, etc. Comparaison de deux manières de faire.
05/09/2018 Ce module de formation s'intéresse à un moment-clé de l'enseignement/apprentissage des mathématiques où l'enseignant propose une consigne de travail à la classe pour réaliser une tâche. Il a pour objectif de mettre en discussion ce qu'on met derrière le terme d'"explicitation" et de repérer des manières de faire plus ou moins efficaces en fonction du projet didactique de l'enseignant.
03/09/2018 Cette publication "Relations École-Familles de la maternelle au lycée" est le résultat de travaux conduits en séminaire par des praticiens, des formateurs et des chercheurs à partir de dispositifs pérennes qui ont fait leur preuve sur plusieurs années. C'est une ressource qui permet de nourrir l'action et la réflexion sur les relations entre enseignant(s)-parent(s), École et Familles de milieux populaires.
Contacts

Centre Alain-Savary

IFé - ENS de Lyon
15 parvis René Descartes
BP 7000
69342 Lyon Cedex 07

courriel : cas.ife[at]ens-lyon.fr