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Séance 3 : La relation école-familles

Par Stéphane Kus publié 28/02/2014 14:49, Dernière modification 14/04/2016 12:05

La troisième séance a traité de la difficile relation entre familles populaires et école, à partir des travaux de recherche et de la présentation d’expérimentations et de diagnostic sur un territoire. 

Le travail en groupes a tenté de faire le point sur ce que chaque territoire avait développé et sur des pistes d’évolution.

L’Evolution des relations école-familles

Exposé de Jean-Marc Berthet

Il s’agit de pointer combien la vigueur de cette relation difficile est fortement dépendante de la montée de l’échec scolaire comme problème public à partir des années 1980. Du point de vue historique, on peut dégager trois temps dans ces relations.

Un détour historique

Le détour historique est important dans la mesure où historiquement, l’école de la troisième République n’avait pas grand chose à faire des parents ! On peut reconstituer les grands traits de cette école. Elle fonctionne sur un modèle d’extra-territorialité qui se constitue contre. Contre tout ce qui relève des privatismes : la famille, les patois, le local…  Donc l’histoire de la longue durée est celle d’une méfiance relative voire forte de l’école vis à vis des parents et d’une mise à distance des parents. C’est l’histoire d’une méfiance historique de l’école…  On pourrait dire que ce modèle de l’école s’achève quelque part dans les années 1960, tous les enfants entrant à l’école parlent enfin le français et non pas le patois. C’est à ce moment là que quelque chose se casse, on réalise à quel point ce modèle est élitiste et délaisse un nombre important d’enfants. C’est l’entrée dans ce que l’on va appeler la massification qui va se traduire ultérieurement avec le fameux objectif de 80% d’une classe d’âge au bac.

Peu à peu, différents textes vont permettre d’inscrire la place des parents et des familles dans le processus de scolarisation, c’est le second temps historique de cette relation avec les pa-rents représentés et acceptés comme interlocuteurs de l’école. Ce n’est qu’en 1968 que les parents d’élèves sont admis à rentrer dans les Conseils d’Administration des collèges et lycées et seulement en 1977 qu’ils sont admis au sein des conseils d’école. Ce n’est qu’en 1981 que dans les textes officiels les parents ont le droit de rencontrer les enseignants à leur demande ! Ce pro-cessus est parachevé par la loi d’orientation de Lionel Jospin de 1989 qui reconnaît la place des parents constitués comme des partenaires à part entière de la communauté éducative… Les textes officiels qui tentent de cadrer la relation entre les parents et l’école depuis 1932 ne sont cependant pas toujours clairs quant au contenu que l’on pourrait donner à cette communauté édu-cative. D’une certaine façon, on pourrait dire que cette question reste peu cadrée réglementaire-ment en dehors de la question des droits et des devoirs et donc de son versant strictement juridique. Comme si finalement, on laissait le soin à chaque communauté éducative de décider du mode de relation à construire avec les parents.  

Nous serions dans un troisième moment qui tente de prendre en compte la réalité de la crise de représentativité des instances traditionnelles qui avaient été reconnues dans le deuxième mo-ment. Ce moment renvoie à quelque chose de nouveau qui tourne autour de la relation duale entre parents et enseignants , quelque chose qui renverrait à une forme d’individualisation de la relation des parents à l’école et aux enseignants.

Quelle transformation de l’école rend la relation école-familles compliquée ? 

L’école est en mutation permanente : le chantier scolaire est un chantier permanent.

Cela a deux effets. Les enseignants sont un peu las de ces transformations permanentes. Le ticket d’entrée du parent stratège dans la connaissance qu’il peut avoir de l’école est de plus en plus élevé.

Il n’y a pas un ministre qui ne souhaite imprimer sa marque et sa trace, ce qui fait que les réformes s’accumulent et laissent les enseignants dubitatifs au mieux, exaspérés au pire, devant la multiplication des textes et circulaires. Si les principaux intéressés, les enseignants, ont du mal à suivre, on peut s’inquiéter de ce que peuvent en penser les parents.

Les attentes vis-à-vis de l’école sont de plus en plus élevées et contradictoires

Du fait de l’unification de la nation par l’école, une pression excessive au diplôme s’est mise en place dans l’ensemble de la société : un excès de représentation du diplôme comme garant de l’insertion professionnelle. Cette course au diplôme est largement alimentée par les crises économiques successives, et le taux de chômage important des jeunes dans ce pays. Ce qui fait qu’on croit au diplôme et qu’on l’investit y compris dans les familles populaires. Mais lorsqu’elles se ren-dent compte que cela ne sera pas si simple, elles tendent à accuser l’école de tous les maux. Il y a donc là une contradiction forte : l’école ne remplit plus ses promesses d’ascension sociale. On passe alors, du côté des classes populaires, d’une délégation forte à l’école de cette réussite vers une critique forte de l’école qui n’a pas su répondre à ces promesses (c’est l’importance de la sco-larisation des aînés chez les classes populaires).

Qu’est-ce qui change du côté des parents et des familles ?

Dans les textes officiels lorsqu’on parle des familles, ce sont les classes populaires qui sont visées, lorsqu’on parle des parents ce sont les classes moyennes et supérieures qui sont visées. Ce qui est en jeu du côté des familles et des parents, c’est l’accroissement de leur rapport de dé-pendance à l’école dans la course au diplôme et en particulier pour les classes populaires :

  • Soit l’école est pleinement appropriée et les parents dirigent leurs enfants comme des élèves, avec une forte implication dans leur scolarité et leurs devoirs, voire un sur-activisme et une sur-activité de certains enfants qui font deux ou trois activités extra-scolaires, en sus de l’école, avec déjà des agendas de Premier ministre… 
  • Soit l’école est déniée, rejetée, incomprise, comme le montrent tous les travaux portant sur les difficultés du partenariat « école-familles », etc... Le malentendu entre école et familles popu-laires est le fruit d’une construction lente qui est le fait de la « carrière » même du parent au fil de la scolarisation de ces enfants. C’est ce qui fait que les parents décrochent peu à peu pour toutes sortes de raisons qui sont autant scolaires que sociales. 
  • Soit l’école est déléguée au privée, et là c’est l’explosion du marché du soutien scolaire privé largement alimenté par le système de défiscalisation qui voit l’Etat donner au secteur privé une source de revenus non négligeable et croissante dans le temps puisqu’il semble que le marché ne cesse de s’accroître. 

Par ailleurs, en trente ans, les modes de vie se sont profondément transformés du côté des familles avec leurs recompositions importantes et un relatif éclatement de la famille traditionnelle.

Enfin, la relation des publics aux institutions se transforme elle aussi. Les institutions ont de plus en plus de mal à donner confiance aux populations. Historiquement, leur légitimité était acquise d’emblée. La réalité aujourd’hui, c’est que l’institution garantit moins, elle impose moins, elle oblige surtout chacun, professionnels et usagers à s’adapter dans la situation donnée sans que l’on ne puisse vraiment s’appuyer sur des normes préétablies. 

Ces changements multiples et variés pèsent sur les relations et créent en permanence des malentendus. Ils produisent des attentes croisées qui ne se rencontrent pas, des malentendus implicites qui devraient être explicités. Bien souvent, ce qui se passe est la chose suivante : du côté des parents, on pense que les problèmes de l’école se règlent à l’école, du côté des ensei-gnants, lorsqu’on est confronté à une forme de panne de l’action avec un élève, on va chercher la solution du côté des parents : les malentendus et les différends commencent…

Que faire ?

Donc on est dans le « bricolage », sans que rien ne soit vraiment institutionnalisé. Pas un établissement scolaire (je pense aux collèges en particulier mais pas seulement) n’organise sa rentrée scolaire de la même façon qu’un autre, ou n’envisage les relations aux parents de la même façon (A quel moment se font les rencontres ? Quand donne-t-on les bulletins ?) bref, toutes les occasions pratiques de la rencontre ne sont pas formatées par l’institution mais laissées à l’appréciation locale… même si il y a eu des tentatives comme la mallette des parents mais qui ne prennent pas forcément toujours localement. Il me semble que ce qui n’est pas clair, c’est l’espace de la rencontre (Où se déroule-t-elle ?), c’est le temps de la rencontre (Quand et surtout com-ment ? De manière individuelle ou collective ? De façon verticale et descendante ou pas ?) et c’est le contenu de la rencontre (Scolaro-centrée ou pas ?)

Pierre Périer[1] dit qu’il y aurait cinq points à travailler pour l’amélioration de cette relation qui ne renvoient pas tant d’ailleurs à de la seule information ou communication en direction des fa-milles :

  • Explicitation des attendus de l’école pour sortir des implicites qui créent des malentendus
  • La diversification des interventions pour répondre à la diversité des situations familiales
  • L’anticipation pour éviter de ne voir les parents que convoqués en cas de difficultés
  • La médiation pour favoriser des tiers et améliorer cette relation
  • L’expérimentation et l’innovation pour oser

On pourrait y rajouter différents éléments :

  • La cohésion de l’équipe éducative au sens large, celle-ci associant personnel enseignant et non-enseignant
  • Le « faire collectif » de manière générale (cf. le travail fait autour des groupes de pairs par ATD-Quart-Monde)
  • La formation sur les méthodes avec un triptyque : la fonction accueil, l’aller vers, l’accompagnement à la condition qu’il ne soit pas circonscrit à l’accompagnement indivi-duel.
  • Le  changement de posture : du « travailler sur » au « travailler avec »

Echanges

A l’issue de ce cadrage, certains ont évoqué les avancées sur le sujet et les nombreuses formations proposées autour de la question avec en particulier, une diffusion des expérimentations menées par ATD-Quart Monde sur différents sites. D’autres ont pointé l’extrême difficulté dans les lycées professionnels à joindre les parents du fait des changements réguliers de numéros de télé-phone. D’autres enfin ont insisté sur la nécessité d’une construction pérennisée dans le temps. Ce sont surtout les entrées méthodologiques qui ont été discutées. Entrer par la difficulté des élèves ne peut être la bonne entrée. Par ailleurs, la constitution des collectifs de parents est une véritable difficulté : ils font peur tant aux professionnels qu’aux usagers. Comment les constituer à partir des ressources de ses membres, plutôt qu’à partir de leurs problèmes ? La mallette des parents, les cafés de parents sont autant de tentatives qui obligent souvent à déployer beaucoup d’énergie pour une faible mobilisation. Lorsque celle-ci se déploie et que des collectifs de parents se consti-tuent, restent entières les questions concernant la pérennité du groupe et surtout les conditions de son renouvellement par l’entrée de nouvelles personnes. Par ailleurs, la relation individuelle n’a pas que des inconvénients. Elle peut servir d’appui à la constitution de collectifs. La question se pose alors de savoir qui est le mieux placé pour aborder ces sujets : le monde enseignants ou ses partenaires ? Par ailleurs, la question des attendus de l’école est un vrai souci pour tous. Enfin, et en particulier dans l’éducation prioritaire, force est de constater que les jeunes enseignants sont souvent peu formés à ces relations. De manière générale, un travail important reste à faire avec eux autour de la connaissance de leur territoire d’intervention.

Présentation des actions relatives à la parentalité à Saint-Priest (Rhône)

Christelle Deygas-Gelas, agent DSU, Charlotte Lasnier, coordonnatrice PRE, Hossein Iken, coordonnateur RRS

La première présentation d’action a retracé une expérience de mobilisation de parents de maternelle avec un partenariat entre deux écoles, la PMI et la maison du département. Ce travail a permis de constituer un collectif de parents soutenu par l’ACEPP (Association des Collectifs Enfants-Parents-Professionnels) qui s’est structuré en association loi 1901 et participe aujourd’hui aux concertations relatives à la réforme des rythmes scolaires.

Une autre action a été la création d’un lieu passerelle permettant de rompre l’isolement des familles et de les accueillir au sein de l’école une demi-journée par semaine afin de mieux répondre aux besoins des familles. Une formation des équipes a été faite qui a permis de renforcer les dynamiques partenariales sur le quartier. Des accueils échelonnés dans les classes se sont mis en place pour sortir des réunions traditionnelles avec les parents. Cette implication différente des parents leur a permis de devenir délégués et de participer au comité de pilotage de l’action.

Une dernière action relative à un travail de diagnostic sur la parentalité a été présentée. L’objectif était de repérer les pratiques et les actions favorisant la rencontre parents-professionnels, d’identifier les freins, de cibler les besoins et les attentes des uns et des autres. Pour cela, 68 parents et 37 professionnels ont été interviewés. Pour les professionnels, le turn-over des équipes, le manque de temps et de moyens ne permettent pas de traiter le sujet en pro-fondeur. Les différences de vocabulaire ont aussi été pointées comme un frein entre le jargon des professionnels et ce que pouvaient en comprendre les publics. Par ailleurs, les représentations culturelles qu’ont les professionnels des familles populaires sont aussi un frein à leur compréhen-sion des situations. Une journée parentalité a été organisée de manière à restituer ce travail et présenter la recherche de l’Université Populaire des Parents[2] aux professionnels, aux parents et aux élus de Saint-Priest. Le mode de garde proposé pour les enfants des parents qui souhaitaient y participer a été un des éléments qui a facilité la participation des parents. 

Travaux en groupe : état des lieux et pistes de travail autour de la relation aux familles

Puis les participants ont été partagés en trois groupes par territoire et ont réfléchi collectivement aux deux questions suivantes : quel est l’état de l’existant sur votre territoire dans le cadre des actions « parentalité » et de la relation école-famille ? Quelles sont les pistes d’amélioration ?

Les points suivants sont ressortis en synthèse :

Groupe Ain/Haute Savoie :

  • Donner toute leur importance aux rencontres inter-catégorielles et interinstitutionnelles pour mieux partager les politiques locales
  • Se donner les moyens d’écouter les parents en tant que tel pour éviter les projections des professionnels
  • Provoquer la rencontre à l’occasion d’événements particuliers

Groupe Isère/Loire :

  • Etre clair sur les raisons qu’il y aurait à faire venir les parents
  • Clarifier les attentes de l’école
  • Donner une place aux parents sur ce qu’ils peuvent apporter

Groupe Rhône :

  • Prendre en compte les besoins des parents et monter des actions en conséquence
  • Développer les modes d’interconnaissance entre professionnels et clarifier ce que l’on en-tend par parentalité pour mieux toucher de nouveaux publics
  • Questionner la notion de territoire communal comme mode d’intervention en particulier pour le niveau du lycée dans la mesure où les enfants scolarisés sont issus d’autres communes.

[1] Pierre Périer, École et familles populaires, Sociologie d'un différend, Presses Universitaires de Rennes 2005. On peut écouter une conférence en ligne où Pierre Périer présente son travail sur le site de l’IFé et un compte-rendu écrit sur le site du RRS Colette de Saint-Priest

[2] Université Populaire de Parents (UPP): Depuis 2005, à l’initiative de l’ACEPP (Association des Collectifs En-fants-Parents-Professionnels), une trentaine d'Universités Populaires de Parents se sont créées en France. Des parents travaillent, avec le soutien d’universitaires, sur des recherches liées à la parentalité : le décrochage sco-laire, la transmission des valeurs aux enfants, la cohérence éducative... Ces travaux sont ensuite le support de débats locaux entre parents - élus - professionnels, générant des projets et des propositions pour renforcer la coopération entre parents et éducateurs et améliorer la vie des enfants. Site des UPP ; site de l’ACEPP.

 

 

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