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Culture écrite et décrochage

En quoi la culture écrite peut-elle être un facteur de décrochage mais aussi de raccrochage pour les élèves ? Cette question a donné lieu a deux ans de recherche dans l'ECLAIR Schoelcher sur le plateau de la Duchère à Lyon. Les journées de formation du 6 et 7 juin 2013 organisée par le Centre Alain Savary ont été l'occasion de restituer les premiers apports de cette recherche de réfléchir de partager les expériences des professionnels de l'ECLAIR Schoelcher en attendant la publication du rapport de recherche.

 

La formation a été introduite par Patrick Picard, directeur du centre Alain Savary, qui a rappelé que 250 000 élèves sortent de l'école sans maîtriser les compétences qui leur permettent de s'insérer professionnellement et socialement.

Sylvie Martin Dametto, chargée d'études au centre Alain Savary, a indiqué qu'une partie de cette formation s’appuierait sur les premiers résultats de recherche sur le décrochage dans le réseau ÉCLAIR du collège  V. Schoelcher  à Lyon. Les professionnels de ce collège ont participé à la préparation de la formation et animeront des ateliers.

Stéphane Kus, chargé d'études au centre Alain Savary, invite à s'appuyer sur les connaissances des chercheurs et l'expérience des enseignants pour interroger les pratiques et les fonctionnements ordinaires de l'École en éducation prioritaire.

Écouter l'introduction (10 min)

"Culture(s) écrite(s) et décrochage(s), problèmes didactiques et pédagogiques" Conférence d'Yves Reuter

 

Yves Reuter, de l'université Lille 3 Charles-de-Gaulle, revient sur le rôle de la culture écrite dans les processus de décrochage. Après une brève introduction il présente ses réflexions en trois points.

I Relation entre École et décrochage (à partir de 1'38'')

Yves Reuter rappelle que dans les années 70, 200 000 élèves sortaient déjà du système scolaire sans qualification et que l’absentéisme, notamment pour les travaux agricoles, ne posait pas de problème. Par ailleurs, le décrochage est un phénomène international. Cependant le terme décrochage est polysémique et donc ses chiffres varient en fonction des définitions choisies. Le décrochage s'inscrit dans l'histoire des individus et de leurs rapports avec l'École, avec leur milieu familial, social et culturel. Le décrochage est une "maladie nosocomiale de l'École" (Jacques Pain). Les stratégies proposées actuellement sont un peu de prévention et beaucoup de remédiation. Yves Reuter souligne que les les stratégies de prévention, en pointant des personnes "à risques", peuvent être stigmatisantes et assigner à une identité de décrocheurs. Il déplore que la remédiation se réduise trop souvent à une externalisation du problème. La remédiation consiste à appliquer une autre pédagogie aux décrocheurs ce qui est paradoxal.

II Culture écrite et décrochage (à partir de 13')

Yves Reuteur part des travaux de Jacques Goody sur la différence entre société orale et écrite. Le passage de l'oral à l'écrit n'est pas un simple changement technique mais un changement radical dans la façon de penser. L'écriture participe de la façon de penser. Elle a permis le développement de l'École qui a un rapport distancié au monde et à l'écrit. L'École ne prend pas en compte toutes les formes de littératie. L'École ne vise pas la maîtrise de la lecture et de l’écriture, elle vise des pratiques scolaires de la lecture et de l’écriture. Il y a donc responsabilité de l'École dans l'échec de l'apprentissage  de la lecture et de l'écriture, entre autre par une surnormativité et des demandes très formelles.

III Des pistes de réflexion (à partir de 35')

Yves Reuter nous invite à revisiter nos a priori, notamment l'idée que les pauvres ont un vocabulaire pauvre et qu'il faut enrichir leur vocabulaire (a défaut de les enrichir tout court). Des travaux dirigés par Yves Reuter montrent que les élèves de milieux populaires ont une richesse de vocabulaire, mais le rapport au vocabulaire et à la conscience disciplinaire sont flous. De plus, l'École est ressentie plus comme un espace d'évaluation que comme un espace d'apprentissage. Les élèves de milieux populaires ont une appétence pour les mots nouveaux mais cet investissement est problématique car si l'écriture extrascolaire est une possibilité de s'évader, l’écriture scolaire est vécue comme une sanction notamment pour l'orthographe. Il y a souvent confusion entre la consigne et l'évaluation ainsi les formes d'évaluation jouent contre l'investissement. Cette "insécurité scripturale" (Michel Dabène) explique une forme de décrochage alors que des expériences montrent qu'on peut rallier les élèves à l'écriture et à l'École.

Conclusion sur trois principes pédagogiques ( à partir de 58')

l'École ne prend pas assez en compte la culture écrite existante des élèves.

Il faut donner du temps pour construire ce rapport à la culture écrite

Il ne faut pas stigmatiser l'erreur pour éviter la peur de se tromper

 

Écouter la conférence d'Yves Reuter 1h10'

Regarder la conférence d'Yves Reuter :

 

 

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Ecouter la discussion à l'issue de la conférence (20')

Voir la discussion  :

 

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 "Le Tableau comme lieu" conférence d'Anne-Laure Le Guern

Anne-Laure Le Guern, de l'université de Caen, qui participe à la recherche sur le décrochage à l'ECLAIR Schoelcher, nous fait partager ses observations et ses réflexions sur le rapport entre culture écrite et décrochage à travers le tableau. Elle rappelle que le tableau est une invention du XIXe siècle et que l'on est passé du maître silencieux au maître qui expose. L'utilisation du tableau est très diverse et les élèves la vivent de façon inégale. Le tableau doit être celui où on apprend tous ensemble, celui de l'interaction de la recherche et ne pas être trop normé, il en est de même pour les cahiers.

Ecouter l'intervention d'Anne-Laure Le Guern (31')


 En quoi les écrits fonctionnels et les choix organisationnels nous interrogent-ils? Nous interrogent-ils davantage en Éclair ? synthèse de Lydie Heudier Deschamps

Lydie Heurdier-Deschamps, de l'université Paris 8, fait la synthèse des ateliers de la formation et revient sur les aspects institutionnels du décrochage. Elle s'appuie aussi sur son travail à Schoelcher à partir d'entretiens, avec des adultes et des élèves, pour interroger différents dispositifs et leur impact sur le décrochage :

- les déplacements

-la composition des classes

-la co-animation (18')

-le bulletin (23')

-la gestion de l’absentéisme

-la question de l'étayage et du désatayage

Ecouter la synthèse de Lydie Heurdier (47')

Ecouter la discussion (18')


Présentation du centre

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Actualités
05/07/2016 La formation est une des dimensions du travail du coordonnateur et porte une dimension intermétier tant au niveau des collaborations à investir que des missions propres au coordonnateur. Une table-ronde a mis en scène les questions et les tensions à l'oeuvre pour le coordonnateur.
29/06/2016 Ces vidéos ont été extraites et montées à partir de séances de travail du séminaire coordonnateurs REP. Les points de vue des participants reflètent souvent les questions que se posent les coordonnateurs, dans leur diversité, et peuvent être utilisés lors de séances de travail, entre coordos ou en intermétiers.
29/06/2016 L'académie de Créteil a décidé de mettre en place un Observatoire des pratiques sur le travail personnel de l'élève. Elle vient de rendre public un rapport nourri et ses initiateurs répondent à nos questions.
29/06/2016 Présentation des résultats de l'enquête et du séminaire conduits par le centre Alain-Savary.
26/06/2016 Du déni à la lucidité, de la lucidité à l’action. Le rapport du jury est le fruit du travail engagé autour de la conférence de consensus et ne préjuge pas des suites qui seront données dans le cadre de l’élaboration du projet académique de l’Académie de Créteil.
09/06/2016 En attendant la publication du compte-rendu de la formation, voici le bilan de Guillaume Serres, universitaire au laboratoire ACTE de l’université de Clermont-ESPE, invité à donner son « point de vue » sur le travail engagé. Il tente de dégager les « conditions de la réussite » qui permettent de se dire qu’un temps de formation est « utile » à ceux qui le vivent, ce qui peut les amener à dire que « c’était bien »…
05/06/2016 Sophie Bonnet, conseillère pédagogique en arts visuels en Charente, propose de redonner une place légitime au dessin, sans le cantonner à un rôle d’appoint. Pour cela, elle le didactise, et expérimente avec les enseignants de son territoire une démarche d’apprentissage du dessin qui s’appuie sur la force du langage.
Bianco 2016 04/06/2016 Ce texte rend compte d'une recherche sur l’enseignement de la compréhension en lecture à des élèves présentant une déficience intellectuelle scolarisés en ULIS école Les auteurs pensent que leurs conclusions peuvent profiter a fortiori à des élèves des classes ordinaires qui ont des difficultés scolaires, des troubles spécifiques des apprentissages, avec des élèves allophones, des élèves des milieux populaires éloignés de la culture scolaire ou des élèves scolarisés en éducation prioritaire.
17/05/2016 L'accompagnement fait aujourd'hui partie des dimensions du métier de formateur, mais aussi d'autres métiers qui interagissent avec les enseignants. Le prescrit de « l'accompagnement » envahit la « formation » sans que l'on sache ce que recouvre précisément l'un et l'autre terme. Tentative de clarification...
16/05/2016 synthèse rédigée pour le CIDREE, consortium international d'institutions promouvant la recherche en éducation.
Contacts

Centre Alain-Savary

IFé - ENS de Lyon
15 parvis René Descartes
BP 7000
69342 Lyon Cedex 07

courriel : cas.ife[at]ens-lyon.fr