Aller au contenu. | Aller à la navigation

Centre Alain Savary
Navigation

Les monstres

Par Henrique Vilasboas publié 04/01/2019 15:35, Dernière modification 25/03/2020 15:53
Comme chaque mardi en fin de journée, Émilie et Élisabeth décloisonnent leurs classes. Les élèves de PS sont réunis dans la salle d'Élisabeth qui conduit un atelier avec cinq d'entre eux. Trois monstres veulent partir en vacances, le tapis volant sera-t-il adapté à la situation ?

Contexte

Émilie et Élisabeth enseignent en maternelle, à l'école des Bleuets située en REP+. Elles ont fait le choix d'avoir chacune une classe de PS-MS pour pouvoir travailler ensemble en "classe miroir". Les effectifs de classe sont respectivement de 22 élèves et 25 élèves.

Élisabeth a dix ans d'expérience en tant que PE dont 5 ans en maternelle. C'est sa deuxième année à l'école des Bleuets. Elle a une formation universitaire scientifique en sciences de la Terre et de l'Univers.

Décembre 2017. L'atelier se déroule en fin d'après-midi après le temps de repos. Quelques élèves de PS ne viennent pas l'après-midi à l'école. Les élèves qui participent à l'atelier sont volontaires, les autres sont en autonomie dans la salle. Le groupe qui travaille avec la maitresse est composé de 5 élèves, 3 de sa classe et 2 de la classe d'Émilie. Certains ne (lui) parlent pas, mais tous communiquent.

L'activité mathématique "Les monstres" est une situation extraite du livre "Maths à grands pas, PS/MS". Cette situation cible la construction du nombre pour les élèves de PS.

Si l'enseignante a déjà expérimenté cette situation avec des Moyens, c'est la première fois que ces élèves de PS font cette activité. Néanmoins, les personnages des monstres leur ont déjà été présentés. Ils ont pu les manipuler au préalable, dans le but de ne pas parasiter leur enrôlement dans la tâche au moment de l'atelier formel.

Un geste professionnel remarquable : la conception de la consigne " Les monstres peuvent ou ne peuvent pas partir en voyage" intègre le processus d'évaluation de (non)réussite de la tâche à la situation même et non à la validation exclusive de l'enseignante.

Pour l'usage en formation, la vidéo a été réduite à 16 minutes. En réalité, la séance dure 20 minutes au total. Le son a été travaillé de manière à entendre au mieux ce que disent les élèves et l'enseignante, ce qui donne la fausse impression que le petit groupe est seul dans la classe.

Outil d'évaluation

Élisabeth et Émilie ont co-construit une grille d'évaluation (en version doc, en version odt, en version pdf) à partir de quatre observables pour le jeu des monstres :

1- choisit le bon tapis,

2- dénombre la quantité,

3- reconnaît immédiatement la quantité (subitizing),

4- se justifie.

 

player1

player1
"C'est l'histoire..." présentation de l'objectif de la séance 00:00:00
Expérimenter 00:02:03
Réfléchir, choisir, expérimenter, (in)valider 00:08:47
Verbaliser, expliquer son choix, expérimenter, (in)valider, nommer le nombre 3 00:11:50

Auto-confrontation 

L'enseignante analyse son activité et se questionne sur les choix qu'elle a mis en oeuvre
player3

player3
Passation de la consigne 00:00:00
Dire ou ne pas dire le nombre 3 00:01:45
Quel(s) tapis à quel(s) moment(s) ? 00:05:15

Évaluer pendant la séance

00:07:34

L'enseignante analyse son activité au regard de l'évaluation des apprentissages pendant la séance. L'autoconfrontation se focalise sur les apprentissages de Berfine et dans un second temps, par arrêts sur images, sur des validations verbales ou non-verbales d'évaluations entre pairs.

player2

player2
Évaluation en observant les élèves 00:00:00
Évaluation entre pairs 00:03:06

Du récit vers les mathématiques

Dans cette vidéo de 5 minutes on s'est intéressé aux moments de régulation et de vérifications conduits par la maitresse. On a compilé ses prises de paroles dans le but de travailler en formation sur la façon dont les équilibres se déplacent entre la narration de l'histoire des trois monstres et les notions mathématiques. Pour des enfants de PS, le passage par le récit et l'articulation organisée par l'enseignante entre le récit et les mathématiques sont nécessaires sur le plan affectif. Mais l'objectif de la séance n'en reste pas moins d'emmener tous les élèves dans le champ des mathématiques. En formation on pourra par exemple s'intéresser à ce qu'Élisabeth fait et dit pour accompagner les élèves de l'univers langagier du récit vers l'univers langagier des mathématiques et essayer de repérer pour les décrire, les moments qui semblent charnière dans ce basculement du récit vers les mathématiques.

Player 3

Pour situer la place des récits dans l'activité des enseignants, un article qui déplie cette question: ici