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violence à l’école et difficultés scolaires, agir dans et autour de l’école

Par Stéphane Kus publié 14/04/2011 12:05, Dernière modification 14/04/2016 15:20
séance 4 du séminaire (28/01/2011). Interventions : Sophie Ebermeyer, chargée de mission politique de la ville, Grenoble et Benjamin Moignard, maître de conférences en sciences de l’éducation, UPEC

Introduction d'Anne-Marie Benhayoun

Sophie Ebermeyer interroge les violences symboliques qui, au-delà des formes verbales ou physiques, suscitent des questionnements importants. Ainsi les phénomènes de ségrégation et de discrimination dans le champ éducatif ne sont pas sans lien avec les violences scolaires. Les préjugés sur le lieu d’habitation des élèves ou leur origine ethnique peuvent les pénaliser notamment au niveau des processus d’orientation. De même il est nécessaire de prendre en compte le sentiment d’injustice éprouvé par les élèves lorsqu’ils ne comprennent pas la justesse d’une sanction posée.

Il s’agit d’analyser le ressenti des jeunes afin de tenter d’éviter un passage à l’acte sous forme d’absentéisme ou de violence par exemple.

Les équipes pédagogiques peuvent mener, en partenariat avec des structures éducatives locales, des projets visant à prévenir et contrer les effets des inégalités de traitement dans l’école et hors de l’école ; des projets susceptibles d’agir sur le climat scolaire, les relations éducatives et le développement des apprentissages.

Benjamin Moignard propose de contextualiser les questions scolaires qui sont devenues des questions sociales et politiques ainsi que des enjeux de recherche importants.

La question de la violence à l’école a émergé dans les années 90 et a eu un impact médiatique fort qui ne s’est plus démenti depuis. Certes il n’y a pas d’explosion de violence à l’école mais il faut prendre en considération les « micro-faits » qui, par leur répétition, peuvent constituer une violence pour les personnels et les élèves.

Pour certains sociologues les phénomènes de violence se sont développés avec l’apparition des « nouveaux publics » peu adaptés à l’école. La massification aurait ainsi entrainé l’arrivée de violences venues de l’extérieur de l’école : la violence se pose alors en termes d’exclusion sociale. Dans ce contexte, les populations les plus pauvres apparaissent comme des populations violentes ce qui expliquerait que faire l’école soit si difficile dans certains quartiers.

Cependant on peut observer que le climat scolaire de certains pays, comme le Brésil, présente un climat scolaire moins défavorable qu’en France, en tout cas pour les établissements situés dans les zones urbaines fragiles.

Comment comprendre une telle situation ?

Au Brésil, l’une des clés d’analyse repose sur l’ouverture des établissements à leur environnement immédiat et sur le sentiment d’affiliation des élèves à leur école. Plus la communauté se sent affiliée à l’école et moins la violence interne est importante.L’établissement scolaire apparait même comme une structure protectrice face à la violence extérieure. Avec une donnée centrale à prendre en compte : la priorité affichée par les institutions brésiliennes à la scolarisation des enfants plutôt qu’à leurs apprentissages. En d’autres termes, l’enjeu est que tous les enfants restent à l’école quitte à être moins exigeants quant à leurs résultats scolaires.

Une école non-violente ne suffit donc pas à produire de la réussite scolaire.

Quelles données privilégier pour améliorer le climat scolaire dans nos établissements ?

Le développement d’un sentiment collectif 

L’institution d’une école qui fait sens

La stabilisation des équipes pédagogiques

Le travail en équipe

L’organisation d’un ordre scolaire lisible et juste.

L’ouverture sur un partenariat effectif .

Surprises dans mes nouvelles fonctions :

Au-delà des violences verbales ou physiques, j’étais attentive aux violences symboliques et la ségrégation en est une forte. Autre violence dans l’illusion de l’égalité des chances et aujourd’hui on est sur une élite à qui on va donner des chances ; on peut valoriser 1 élite, c’est 1 notion qui a 2 sens : l’élite et l’autre sens, égalité des chances qui doit entrainer des mesures compensatoires pour réduire les écarts.

Il ne s’agit pas de dire que les violences symboliques entrainent des violences scolaires mais on peut cependant s’interroger sur les liens possibles. Après on peut s’interesser au traitement des prob  de violences qui conduisent à des simplifications. Importance du site…

On va essayer de prévenir en sensibilisant mais certains sociologues disent que ça peut étouffer le conflit et ça peut poser l’écart entre ce qu’on dit à travers les paroles « faut pas être raciste ni sexiste »  (F Dume) et la réalité vécue des élèves.

Autre surprise : le Pre a été mal appréhendé au départ parce que vécu plus comme 1 certain contrôle exercé sur des élèves en difficulté plutôt que qq choses voulant traiter les difficultés ; d’ailleurs au départ on parlait de difficultés et maintenent de difficultés éducatives et donc ce que j’entends à travers les remontées c’est qu’on entre dans le DRE par le comportement, la violence aux adultes et aux élèves et on en sort par autre chose ; personne n’en doute aujourd’hui. On ne cherche pas non plus à savoir qui est dans le DRE y compris l’Acsé ; on est plus dans un traitement symptomatique que dans le traitement réel des causes de ces difficultés.

Dernière surprise sur la sanction. Exp sur la permanence éducative dans l’agglo, avec des etbs où il y a des prob de violence dans le cadre des DRE, insp académique et métro (nora assoul…) ; c’est 1 système où quand 1 sanction est prise dans un établissement on a 1 éducateur qui vient dans le collège travailler avec l’élève. J’ai eu le sentiment que on travaillait à faire accepter la sanction mais on ne travaillait pas forcément sur la justice ou la justesse de cette sanction. Les élèves parlent du sentiment d’injustice et c’est aussi une forme de violence. Je me demande s’il y a vraiment une écoute de ce sentiment d’injustice.

Parfois pour tenir des etbs difficiles il y a des équipes qui travaillent ensemble et parfois on est + dans la répression et ça pose prob y compris à l’IA.

Voilà qq étonnements sur ce qui mesemble participer + de la violence symbolique et sur ce qui semble être la manière de résoudre le prob des violences à l’école.

Dans l’agglo, on a suite à 1 formation de l’Acsé sur les discriminations, eu envie de travailler sur cette question et ça a été proposé au territoire pol de ville parce qu’il y a des financements ; ce qui pose aussi prob parce que ça veut dire que ce sont ces publics là  et ça nous gène ; ça a été en tout cas proposé à des etbs où il y a des prob de vioelnce et ce qu’il y a de remarquable c’est que les équipes ont eu la démarche de reconnaitre qu’il  y a une forme de violence qui vient des discriminations vécues ; et c’est peut être ça  1 des cause des violences scolaires. C’est remarquable, ça a pris du temps  et la charge émotionnelle était forte car parfois on a l’impression de tirer sur des ambulances car on a des profs qui au quotidien travaille sur les discriminations et on va leur dire qu’il y a peut être des discriminations qui vont entrainer des prob. C’est apparu de manière différente : dans un etbs, on peut lire sur une fiche dans le cadre de ce projet «  les conseils de classe sont 1 temps d’exacerbation des inégalités de traitement entre élèves. Se révélent des préjugés contre le lieu d’habitation des élèves, l’origine ethnique, le port de handicaps et ça peut pénaliser les élèves notamment dans leur désir d’orientation. Il s’agit de comprendre la souffrance des élèves pour éviter le passage à l’acte : absentéisme, mal -être, plaintes, insultes, violence.

 Voilà un point de départ. Il y a d’autres etbs qui sont partis autrement sur le projet ; c’était pour que la paix revienne dans l’etbs contre la violence. Avec cette idée, il faut qu’on soit clair avec cette idée qu’il faut respecter les égalités de traitement dans l’etbs et alors on aura des réponses à faire sur les accusations de racisme par ex. Ou bien il faut manifester aux familles qu’ici l’égalité de traitement est respecté et ce sera  un élément d’attractivité de l’etbs parce que la pop fuit et c’est aussi une violence pour ceux qui restent, les profs…

Il y a une autre démarche dans un autre etbs : au départ il y avait des interrogations sur la laïcité.et ça s’est déplacé sur les discriminations et au niveau verbal c’est violent aussi.

Dernère chose : on essaie de faire venir des intervenants dans l’agglo qui montent ce projet et essaient de faire ce lien mais les politiques ne font pas ce lien. Ils disent le mot « discrimination » pose prob, vous allez nous créer des victimes ; supprimons le mot et il y aura – de prob. On a fait venir ….qui elle, par son analyse anthropologique, a une analyse très intéressante : il y a1 nœud sur le terrain où le lien se fait sur ces phénomènes mais vu les approches politiques, ça avance très lentement. Voilà

 

 
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