Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Centre Alain Savary
Navigation
Vous êtes ici : Accueil / Partenariats / le séminaire 2012-2013 / Introduction : Questions vives du partenariat et réussite éducative, histoire et enjeux d’un séminaire partenarial en Rhône-Alpes

Introduction : Questions vives du partenariat et réussite éducative, histoire et enjeux d’un séminaire partenarial en Rhône-Alpes

Par Stéphane Kus publié 20/06/2013 10:05, Dernière modification 14/04/2016 12:05
Anne-Marie Benhayoun et Stéphane Kus, Centre Alain-Savary – Institut Français de l’Education. Ce texte est initialement paru dans la revue VEI-Diversité n°172, « La Réussite Educative, Enjeux et territoires », SCEREN-CNDP, 1er trimestre 2013

couverture rapport QVP 2012-2013

Préambule

Le parti-pris du présent rapport de séminaire est de donner à lire une image de ce qu’a été le travail de cha-cun (intervenants et participants) au cours des 6 demi-journées qui nous ont réuni à l’Institut Français de l’Education entre novembre 2012 et avril 2013.

Il nous a semblé important de ne pas faire de ce rapport un catalogue des travaux de recherche, ni une recension de « bonnes pratiques » qu’auraient certains territoires et qu’il faudrait généraliser. Nous sommes con-vaincus que ce qui peut se mutualiser sont des question-nements problématisés. 

C’est pourquoi sont ici retranscrits, dans l’ordre chronologique du séminaire, aussi bien les apports théo-riques et les témoignages d’acteurs que les représenta-tions initiales des participants, leurs paroles sur leurs dif-ficultés et leurs réussites, les échanges et les débats. 

Nous espérons que ce document pourra servir à la fois les acteurs des territoires prioritaires, afin qu’ils puis-sent instaurer des lieux de problématisation de l’action éducative, mais aussi les décideurs des différents ni-veaux des institutions concernées afin qu’ils puissent prendre en compte la complexité du partenariat sur ces territoires afin d’accompagner au mieux les professionnels et légitimer leur travail.

A travers l’histoire de ce séminaire atypique, on voit apparaître les invariants de la complexité du partenariat éducatif sur les territoires prioritaires. Une triple complexité pourrait-on dire : complexité des situations sociales vécues par les populations, complexité professionnelle pour tous les acteurs qui tentent d’y exercer au mieux leur métier tout en se sentant souvent démunis, complexité de l’enchevêtrement des interventions des institutions de droit commun et des dispositifs des politiques éducatives spécifiques. En réunissant depuis 2007 une grande variété de professionnels de l’éducation (coordonnateurs Education Prioritaire, principaux de collège, IEN, coordonnateurs de PRE, agents DSU et chefs de projet CUCS, responsables et coordonnateurs de service Education des municipalités, délégués du préfet,…), ce séminaire fait le pari d’ouvrir un espace de réflexion où l’on peut construire une expertise partagée sur la nature des difficultés rencontrées sur le terrain, pour imaginer des réponses collectives qui remettent les dispositifs au service de la réduction des inégalités.

Historique d’un séminaire atypique et multiforme

Le séminaire 2007-2008

En présentant le champ d’action de la réussite éducative George Pau Langevin précisait, le 5 mars 2013,  que la réussite éducative ne se résumait pas à la réussite scolaire et qu’elle  impliquait une politique partenariale. Elle ajoutait qu’il est «  indispensable d’agir en cohérence avec les autres acteurs, les collectivités territoriales, les acteurs du périscolaire, la famille et les associations».

Le partenariat n’est pas une idée nouvelle. On le cherche beaucoup, on le trouve parfois. L’important se situe d’ailleurs dans les traces laissées par ces recherches à condition toutefois d’accepter que ce partenariat puisse donner naissance à des projets évolutifs, suffisamment souples pour s’inscrire dans un cadre non rigide et déboucher sur des actions aux formes  plus ou moins abouties. Il en est ainsi du séminaire « Questions vives du partenariat et réussite éducative ».

Dès l’origine, en 2007-2008, ce séminaire s’appuie sur un collectif atypique, hybride et inter métiers : coordonnateurs de PRE, chefs de projets CUCS, chargés de mission divers, responsables d’associations d’éducation populaire, soit une vingtaine de participants qui cherchent à produire une réflexion et une analyse de leurs pratiques professionnelles.

Le séminaire 2010-2011

En 2009, les mêmes acteurs auxquels se sont joints des professionnels de l’Education Nationale (coordonnateurs de réseau et chefs d’établissement notamment) choisissent de poursuivre leur réflexion en se décentrant de leurs propres manières d’agir et en abordant des questions vives et  sensibles dans leurs pratiques. Exemples de thématiques traitées : l’accompagnement des jeunes en grande difficulté scolaire, l’ethnicité des rapports sociaux ou les pratiques langagières dans les territoires d’éducation prioritaire.

De quoi s’agit-il alors ? De chercher à créer ensemble un réseau d’acteurs, liés les uns aux autres par un projet qui se définit au fur et à mesure de la constitution de ce réseau. « Ainsi réseau et projet forment un couple dont les termes s’entre-définissent tout au long de la formation-déformation. Ainsi, le projet autour duquel se forme un réseau ne préexiste pas à celui-ci ; c’est au contraire dans la formation progressive du réseau, c’est-à-dire dans l’attachement continu d’entités nouvelles les unes aux autres, que se définit le contenu du dit projet qu’il porte » (Gilles Herreros. Les projets de réussite éducative. Analyses latérales, Lyon INRP 2009).

Définir le partenariat en terme de réseau permet de cerner un collectif constitué d’hommes et de femmes susceptibles de s’épauler et de s’entraider dans la recherche de ressources, rencontres et actions autour d’un même objectif : la réduction des inégalités éducatives et sociales. Cela permet également une organisation particulière basée sur une confiance mutuelle où les enjeux de pouvoir font place au pouvoir d’humaniser les problématiques et les projets menés conjointement.

C’est dans cet esprit qu’un comité de suivi est né autour de ce séminaire nouvelle formule. Ce comité reflète dans sa composition ce souci de construire du partenariat : Centre Alain-Savary (INRP puis IFé), l’Inspection Académique de l’Isère, le CR-DSU (Centre de Ressources pour le Développement Social Urbain de la région Rhône-Alpes), le CREFE 69-01 (Centre de Ressources Enfance-Famille-Ecole), le CREFE 38, le CCRA (Collège Coopératif Rhône-Alpes), le Réseau de Réussite Scolaire Colette de Saint-Priest et la DRJSCS. L’idée est alors d’ouvrir un espace commun de réflexion, d’offrir aussi un temps où les professionnels de l’action scolaire et éducative peuvent se poser, se reposer aussi, tout en portant un regard distancié sur leurs propres domaines d’activités.  Alimenté par une problématique émanant du terrain et des apports scientifiques issus des travaux de recherche les plus récents, ce séminaire partenarial a élaboré sa propre formation tout en se forgeant un regard dialectique sur les tensions, dilemmes et spécificités du travail de chacun.

Les journées d’étude 2011-2012

Et puisque le travail abordé dans le cadre du séminaire a fait émerger, en filigrane, la problématique des discriminations dans le champ éducatif, le comité de pilotage a choisi en 2011 de faire évoluer, une nouvelle fois, son organisation et ses objectifs en resserrant ces études autour des questionnements suivants :

  • Comment identifier et interroger les processus susceptibles de participer aux discriminations ?
  • En quoi renforcent-ils les difficultés rencontrées par les jeunes et leurs familles ? 

Nouvelles thématiques, nouvelle formule à travers des journées d’études rassemblant une centaine de participants issus de l’Education Nationale, des collectivités territoriales et des associations d’éducation populaire. Mais une même constante : assurer le passage, l’échange entre l’activité professionnelle et la recherche.

Le séminaire 2012-2013

Le comité de suivi du séminaire s’est réuni en février 2012 pour envisager les suites à donner à ce travail. Tous les partenaires ont choisi de mettre en place un espace plus restreint de réflexion où les praticiens de l’éducation puissent problématiser leur action sur les territoires prioritaires :  

Comment faire pour que les dispositifs spécifiques (Education Prioritaire, volet éducatif des CUCS, PRE,…) puissent réinterroger les pratiques ordinaires et mobiliser le droit commun au service de la réussite de tous.

Six séances de travail ont été programmées en 2012-2013 dans un nouveau séminaire intitulé « Vers un projet éducatif partagé : Entre Réussite Scolaire et Réussite Educative, quelles coopérations sur un territoire en politique de la ville ? », avec le pari de ne plus réunir des professionnels à titre individuel mais de prendre des inscriptions par territoire. C’est ainsi que douze territoires prioritaires de la région Rhône-Alpes participent à ce travail avec a minima un représentant de la collectivité locale et un représentant de l’Education Nationale. Les questionnements portent sur l’évolution des politiques éducatives, des publics, les apports de la recherche en éducation dans les milieux populaires (rapport de la famille à l’école, problématiques éducatives, rapport au savoir et à l’apprentissage, difficulté scolaire), sur les métiers aussi, avec leurs spécificités, leurs évolutions et l’impact du partenariat sur leur activité. Les participants apprennent ainsi à mieux se connaître et à problématiser collectivement les difficultés auxquelles ils sont confrontés sur les territoires. 

Une piste pour l’avancée du travail partenarial sur les territoires ?

A travers ce séminaire, émerge une piste pour faire avancer le travail partenarial : il ne suffit pas de mettre en œuvre des dispositifs pour que l’action éducative devienne plus cohérente. Leur multiplicité, leur empilement - quand ce n’est leur enchevêtrement - les rendent difficilement lisibles à la fois pour les publics et pour les professionnels. Et surtout quel peut être le sens de ces dispositifs, quand ils n’interrogent pas le « droit commun » des institutions et des collectivités locales ? Comment pourraient-ils faire sortir les enfants des territoires prioritaires de l’exclusion éducative, s’ils n’impactent pas les pratiques ordinaires et ne font souvent que rajouter de la stigmatisation ? 

Ce séminaire est peut-être le reflet de ce dont manquent les professionnels sur le terrain : un espace de réflexion et de problématisation dégagé des contraintes des dispositifs, qui puisse à la fois permettre de mieux se connaître entre institutions, de comprendre les problématiques de travail des uns et des autres, de mieux cerner les difficultés scolaires et éducatives des enfants des milieux populaires en relation avec les pratiques des institutions. Et du coup remettre les dispositifs à leur place : des actions provisoires qui permettent d’expérimenter de nouvelles manières d’agir pour irriguer les pratiques professionnelles ordinaires. 

Au-delà de l’injonction à « faire du partenariat », il s’agit bien de construire localement le sens de ce partenariat : partager un projet éducatif au service de la réduction des inégalités éducatives sur un territoire prioritaire, qui mobilise tant le droit commun que les actions liées aux différents dispositifs.

Penser en même temps étayage et désétayage, diraient certains pédagogues…

Traces du séminaire…

Ces 5 années de réflexion partagée ont donné lieu à plusieurs publications :

Les Projets de Réussite Educative, analyses latérales, rapport de séminaire (novembre 2007- septembre 2008), Gilles Herreros, INRP 2008

Benhayoun, A.-M., Coutinho, M., Questions vives du partenariat et Réussite Educative, carnets du séminaire, INRP, 2010

Cédiey E., De l’(in)égalité de traitement dans les pratiques éducatives, synthèse et bilan de la journée d’étude du 3 octobre 2011 à l’IFé, VEI-Diversité n°168, Des différences (im)pertinentes, retour sur la question ethnique, SCEREN-CNDP, 2012

De l’(in)égalité de traitement dans les pratiques éducatives, les actes de la journée d’étude du 3 octobre 2011

Benhayoun A.-M., Construire les partenariats, présentation et analyse du séminaire, colloque de l’ANDEV du 30 novembre 2011 : compte-rendu de Monique Royer pour le Café Pédagogique 

Présentation du centre

vignette-teaser-cas

Lettre d'actualités
newsletters Pour vous abonner, entrez votre adresse de messagerie :

Actualités
19/06/2018 Conseillers pédagogiques à Cluses (74), Aude Valéro et Eric Sonzogni ont mis en place les conditions de l'accompagnement et de l'évaluation du travail mis en oeuvre avec les écoles travaillant dans le cadre du dispositif "Plus de maitres que de classes". Verdict en graphiques.
02/06/2018 En quoi les propos d’un sociologue de l’action publique peuvent-ils rejoindre les préoccupations des formateurs et des pilotes ? Xavier Pons s’intéresse à la façon dont les politiques conçoivent et mettent en oeuvre des réformes, et donc cherche à comprendre les relations entre les acteurs. En plongeant dans les vingt dernières années de politiques éducatives, il nous livre des clés tout à fait utiles pour comprendre et agir au présent.
30/05/2018 A vos agendas ! Les formations du centre Alain-Savary, organisées dans le cadre de l'IFE, sont accessibles gratuitement aux cadres, formateurs, coordonnateurs, qui souhaitent y participer. Les formations ont lieu à l’IFE 19 allée de Fontenay 69007 Lyon. Elles sont destinées à soutenir et outiller les professionnels en charge de construire des espaces de formation, d'accompagnement et de travail collectif des personnels enseignants et éducatifs.
22/05/2018 "Écrire c'est à la fois calligraphier, copier, encoder et produire" explique Bernadette Kervyn, maitre de conférence à l'université de Bordeaux lors de son intervention en formation de formateurs à l'IFÉ en novembre 2017. Partie prenante de la recherche Lire et Ecrire, elle s'intéresse particulièrement à l'écriture : encodage, copie différée et production d'écrits.
07/05/2018 Lors de son intervention à l'Institut Français de l'Education, Marie-France Bishop, professeure des universités en sciences de l'Education, spécialiste de didactique du français, à l'université de Cergy Pontoise s’est exprimée sur les résultats de la recherche Lire et Ecrire en ce qui concerne la compréhension en lecture. Marie-France Bishop décline les résultats de la recherche selon trois points de vue, celui des élèves, celui des enseignants et celui des formateurs : - Qu’est-ce que la recherche a observé des difficultés des élèves en compréhension de lecture ? - Qu'est-ce que la recherche a montré de ce que les enseignants enseignent de la compréhension ? - Quelle formation mettre en place pour que la compréhension soit enseignée à tous les élèves de façon efficace ?
04/05/2018 Le 5 et 6 avril 2018 a eu lieu le colloque international EVASCOL sur le thème « École, migration, itinérance : regards croisés ». Ce fut l’occasion d’interroger la place de l’enseignement et l’apprentissage des mathématiques dans des contextes variés, et plus singulièrement la place de l’histoire et la culture/les cultures des mathématiques. La question d'enseignement à des élèves en situation d'allophonie (EANA=élève allophone nouvel arrivant) permet de travailler les langages qui sont au cœur de l'enseignement et l'apprentissage de la discipline. Tout en prenant en compte la nécessité de différentes modalités de prise en charge des élèves allophones dans une école inclusive, cette question de la confrontation à l'histoire et la culture des mathématiques par la médiation des langages touche tous les élèves, ainsi le propos de cet article cible tous les élèves.
25/04/2018 Le Centre Alain Savary produit des ressources, organise des séminaires et des formations sur la thématique des relations École-Familles. Lors de ces travaux nous avons eu l'occasion de travailler à plusieurs reprises avec l'Association des collectifs enfants parents professionnels (ACEPP). L'ouvrage ci-dessous donne un nouvel écho d'une démarche que conduit cette association : les Universités populaires de parents (UPP).
10/04/2018 Réunis à l'IFé pour la deuxième session de la formation "Gérer les élèves "perturbateurs", concevoir des formations pour soutenir les enseignants", les stagiaires ont travaillé - à partir de leur vécu de formateurs et d'accompagnants, de témoignages de formateurs, et d'analyses de vidéos de situations de classe - pour identifier les freins et leviers pour construire des formations.
04/04/2018 Michel Ramos est enseignant/formateur à la faculté d'éducation de l'université de Montpellier (partenaire de l'ESPE) depuis plusieurs années. Il travaille avec ses étudiants et avec les enseignants stagiaires, à partir de vidéos de séquences courtes mettant en scène des enseignants, débutants ou chevronnés. Il témoigne de la difficulté, pour les formateurs comme pour les enseignants, de conduire un travail d'analyse et affirme la nécessité de se doter d'outils collectifs pour se prémunir de la tendance au jugement.
30/03/2018 Françoise Estival est une professeure des écoles expérimentée qui exerce dans la Drôme. Depuis 2002 elle a une mission d’accueil et d’accompagnement de parcours de scolarisation d’élèves allophones nouvellement arrivés au sein du dispositif UPE2A. Dès le départ, cette enseignante a rapidement constaté que le temps dédié à l’apprentissage de la langue française et celui de l’accompagnement dans le processus d’acculturation à l’école étaient bien insuffisants. Elle a alors fondé une association Faciliter le langage aux enfants (FLE).
Contacts

Centre Alain-Savary

IFé - ENS de Lyon
15 parvis René Descartes
BP 7000
69342 Lyon Cedex 07

courriel : cas.ife[at]ens-lyon.fr