Analyses de l'activité de l'enseignante et de l'activité mathématique
Analyse de l'activité professionnelle
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Ci-dessous, l'enseignante fait part de son vécu lors de la prise en compte de la procédure de l'élève Lydia (cf. Le contexte de la situation) Une synthèse de l'analyse de l'activité de l'enseignanteL'enseignante exprime des perceptions :
L'enseignante exprime une attente :
L'enseignante exprime un dilemme :
L'enseignante exprime un jugement :
Pour mener cette analyse en formationUne proposition de démarche :
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Le diaporama commenté ci-dessous donne à voir une analyse de ce que dit l'enseignante de ses perceptions, de ses attentes, de ses dilemmes, de ce qu'elle n'a pas pu faire elle et qu'elle aurait pu faire.
Des pistes de travail en formation :
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Analyse de l'activité mathématique
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Ci-dessous, l'extrait vidéo porte sur l'intervention de l'élève Lydia au tableau (cf. Le contexte de la situation) Une synthèse de l'analyse de l'activité mathématique
Dans cet extrait plusieurs cadres et registres sémiotiques sont mobilisés :
Les changements de cadres et de registres sont largement implicites. Les cadres et les registres sont ici utiles pour circonscrire les objets du discours. D'après la didacticienne Lalina Coulange, ces objets du discours sont fluctuants et circulent entre le nombre de triangles et le nombre d'étapesCette analyse a été proposée lors de la formation de formateurs sur les mathématiques à l'Ifé (2022) par la chercheuse Lalina Coulange, professeure à l'université de Bordeaux. L'atelier était intitulé "Analyser une situation de classe en formation d'un point de vue didactique : que nous apprennent les activités (dont langagières) des élèves et les pratiques des enseignants en REP ?". Ces deux objets du discours renvoient à deux visions du problème, l'une itérative et l'autre fonctionnelle. Ces deux visions sont en tension dans la situation observée. Pour mener cette analyse en formation
Une proposition de démarche : 1. Faire décrire et interpréter la situationLes questions s'appuient sur l'approche didactique de R.Duval et R.Douady. Elles ont pour visée de circonscrire les objets de discours dans la situation de class
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Le diaporama commenté ci-dessous donne à voir une démarche pour faire émerger des objets de travail pour la formation.
Des objets de travail à instruire collectivement au regard de l'analyse de la situation :
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Analyse par Lalina Coulange, didacticienne des mathématiques
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« Cette situation de classe représente un vrai défi en formation : analyser les savoirs transparents nécessaires pour réaliser la tâche prescrite par l’enseignante. Pour s’exercer à cette activité très exigeante, on peut commencer par identifier des difficultés observées dans l'activité des élèves à produire des formulations et aux difficultés de l’enseignante à les reformuler. Puis remonter à l'analyse de la tâche afin de mettre au jour les savoirs en jeu. Partir des malentendus, des formulations intermédiaires, de la diversité des inégalités socio-cognitives des élèves, c'est se donner des objets de travail du point de vue didactique dans l'accompagnement et la formation » (Lalina Coulange, 2022) Les malentendus ont fait l'objet de nombreuses étudesLe curriculum invisible de Julien Netter est un modèle fin pour analyser les malentendus qui se jouent à l'Ecole. Ils émanent de trois registres de l'expérience scolaires : "Les malentendus portant sur les postures et activités intellectuelles requises par l’appropriation des savoirs et de la culture peuvent leurrer durablement certains élèves quant à la nature du travail intellectuel et des activités pertinentes pour apprendre, et ainsi les détourner de la voie d’apprentissage et aboutir, par cumul, à des situations ou parcours et acquisitions scolaires très contrastées. Trois registres de l’expérience scolaire sont au cœur de ce processus : le rapport à la scolarité, le rapport au savoir et au langage, et enfin le rapport aux tâches et activités scolaires." (Bautier,Rochex,1997) |
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Ci-dessous un petit curseur sur la droite permet de dérouler les diapositives et le sous-texte du diaporama de Lalina Coulange : |
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Dans l'extrait vidéo précédent, l’élève Lydia trace une figure au tableau différent de celles tracées au tableau par l'enseignante, indice d'un malentendu. Quelle pourrait-être la nature du malentendu ?
Ces deux interprétations soulignent que cette tâche renvoie un problème "nouveau" par rapport à d'autres qui ont été fréquentées à l'école dans l'ordinaire de la classe. D'autres malentendus classiquement observés en éducation prioritaire sont à l'oeuvre dans cette situation :
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De quoi parle les élèves ? Quels sont leurs objets de discours ? Ce qui est dit dans les trois bulles de la diapositive est assez emblématique des objets de discours mobilisés par les élèves dans la classe et qui sont source de nombreux malentendus :
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La complexité de la tâche mathématique
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Les (re) formulations intermédiaires mobilisées par l'enseignante et les élèves |
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Une tâche plus complexe qu'il n'y paraît ... Qu'est-ce qu'on est censé comprendre ? Qu'est-ce qu'on est censé faire pour répondre à la question mathématique posée ? ndlr : Lors de la formation de formateurs, on a eu beaucoup de difficultés à formuler les connaissances très précises qui sont nécessaires du point de vue des élèves pour accomplir cette tâche |
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La première conception "nombre généralisé d'étapes" (proche en partie de ce que dit Lydia) est une vision itérative Description de l'itération : "à l'étape 1 je considère une allumette auquel j'ajoute deux allumettes, puis à l'étape 2, j'ajoute deux allumettes, à l'étape 3, j'ajoute deux allumettes, etc". Soit dans le registre symbolique 1+2+2+...+2, et dans le registre algébrique 1+nx2 ou 1+2n.
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La deuxième conception "nombre généralisé de triangles fixé" est une vision fonctionnelle Description fonctionnelle : J'ai un nombre de triangles constitués de trois allumettes chacun. Pour deux triangles adjacents il y a une allumette en commun. Il faut donc enlever les allumettes "redondantes". Or le nombre d'allumettes à retirer dépend lui-même du nombre de triangle. On comprend que la vision fonctionnelle pour ce problème va difficilement aboutir car elle est très coûteuse à formuler. Ce n'est pas toujours le cas, par exemple pour le problème du "carré bordé" la vision fonctionnelle est plus facilement mobilisée par les élèves, alors que la vision itérative rarement, voir jamais. |
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Et dans les deux conceptions itérative ou fonctionnelle, il y a de multiples manières différentes de procéder. Par exemple, dans la vision itérative on peut avoir une autre démarche (proche de celle de Matisse) Description d'une autre itération : "à l'étape 1 je considère trois allumettes, puis à l'étape 2 j'ajoute deux allumettes, à l'étape 3 j'ajoute deux allumettes, etc". Ce qui se convertit dans le registre symbolique 3+2+2....+2, et dans le registre algébrique 3+(n-1)x2 ou 3+2(n-1) Description d'une autre approche fonctionnelle : On distingue les cas impairs et pairs de triangles. Pour un nombre impair de triangles on dénombre les triangles qui ont leur "pointe" vers le bas et les allumettes "planchers" soit 3(n+1)/2 allumettes par triangles pointés vers le bas et (n-1)/2 allumettes "planchers" ce qui donne 3(n+1)/2+(n-1)/2 allumettes. En raisonnant de la même manière pour un nombre pair de triangles on a 3n/2 +n/2+1 allumettes. Bien qu'on puisse imaginer que des élèves pourraient s'engager dans cette conception, celle-ci a surtout l'intérêt de montrer que la tâche proposée est particulièrement dense en connaissances potentielles. |
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Les objets de discours sont fluctuants et circulent entre le nombre de triangles et le nombre d'étapes, sans que visiblement le nombre d'étapes devienne opérationnel. La vision itérative est orientée par la formulation de la consigne ("Question 1 : combien faut-il d'allumettes à 1ère étape ? à la 2ème étape ?"). Dans cette formulation il y a une tension entre deux "démarrages" :
C'est deux démarrages itératif ou fonctionnel ("j'ajoute à chaque fois" ou "je prends un triangle") se confrontent en permanence dans les discours. Ce n'est pas productif car il faut se situer soit dans une vision itérative, soit fonctionnelle, et ce démarrage avec un triangle ne rentrent pas complètement dans la vision itérative. |
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Un malentendu qui génère des processus de calculs décrochés de la tâche Quand on ne sait pas de quelle variable on parle, en termes d'étapes ou en termes de triangles cela se résout par la recherche d'un nombre "généralisé tout court". Cette tension entre ces deux visions permet d'éclairer l'activité cognitive de Naël quand il dit "l'étape je sais pas quoi", il serait sur le nombre de triangle mais il y a quelque chose qui ne se règle pas. Il s'inscrit dès lors dans un univers de calcul qui ne raccroche plus à la tâche et qui n'arrive plus à s'ancrer sur la modélisation de cette situation nouvelle. C'est le cas de Naël, et c'est aussi celui de Sofia quand il dit " on a pris les tables et on a fait fois deux" |
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Reconfiguration de la tâche et fausses réussites Quand Naël dit "ben cinq fois deux virgule cinq", on n'est passé dans une autre tâche complètement différente que l'on pourrait exprimer par "on a un nombre en entrée, un nombre en sortie et on cherche un processus de calcul qui permet de passer de l'un à l'autre" (par exemple " j'ai 5 triangles au départ et je cherche le calcul pour obtenir 11 allumettes"). C'est le cas de Lydia quand elle dit "on fait vingt fois dix". Cette reconfiguration de la tâche mathématique interroge : cet élève a-t-il vraiment modélisé la situation ? On peut en douter et identifier cette reconfiguration de la tâche comme une fausse réussite au sens de J.P. Astolfi. Ceci peut expliquer pourquoi ces élèves qui proposent un processus de calcul décrochés du contexte ont tant de difficultés à argumenter pourquoi "deux fois dix plus un" ? |
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Un cas d'inversion de la tâche initiale Lydia a dépassé que ce n'est pas "fois trois", mais sa procédure est toujours en lien avec un processus de multiplication. C'est le cas de tous les élèves qui ont basculé vers un "multiplier par deux". Mais que cherche cette élève quand elle fait sa figure?
il y a une vraie rationalité derrière ce que fait cet élève. C'est pour ça qu'elle résiste et semble finalement garder le lien avec la tâche initiale. |
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Des (re) formulations donnant lieu à des malentendus Matisse parle sur les écritures produites par la maîtresse " 10 x 2 +1 ". Le "un" qu'il prononce essaye d'éclaircir l'écriture de ce "+1". Sauf qu'à aucun moment est écrit au tableau "trois allumettes et après tu rajoutes un". On est peut-être dans la vision qui pourrait faire débloquer la situation, c'est à dire ce "un" et ce "trois allumettes". "Trois allumettes" qu'il faut regarder comme "une allumette auquel j'ai ajouté deux allumettes" dès la première étape. Mais ça n'aboutit pas et là, on voit une distance assez forte entre l'énoncé verbal de Matisse et la (re)formulation de l'enseignante. Finalement ce qui est produit par l'enseignante comme reformulation ce " dix fois deux plus un" n'a pas réussi à éclairer pourquoi ce "10x2 + 1"
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La structure conceptuelle (très complexe) de l'itération dans ce problème (ndlr : dans cette partie Lalina Coulange mobilise les champs conceptuels de VergnaudG.Vergnaud(1990). La théorie des champs conceptuels, in Recherches en didactiques des mathématiques. La pensée sauvage, p.133-170) Qu'est ce qu'il faut mobiliser comme catégorie pour la vision itérative ?
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Des pistes pour produire des formulations intermédiaires Essayons à partir de la formulation de Lydia qui dit "j'ai ajouté plus deux à chaque fois" en le convertissant dans d'autres systèmes de signes, c'est à dire faire comprendre ce passage délicat "j'ajoute deux et j'ajoute encore deux" une fois en "j'ajoute deux" deux fois. Je peux utiliser le discours " J'ai ajouté deux nouvelles allumettes à l'étape deux", soit "un plus deux plus deux". Soit "une allumette plus deux fois deux allumettes". Je peux l'accompagner avec des écritures symboliques. Je peux le faire avec des dessins puis montrer en accompagnant mon discours, peut être en rajoutant d'ailleurs des couleurs, en cachant des parties pour illustrer ce qui se passe dans le processus Ces formulations intermédiaires pourraient servir de levier à entrer dans cette pensée itérative. Faut-il avoir élucidé les connaissances qui faisaient défaut ou qui bloquent ou qui sont compliquées à négocier dans la situation (ici la composition de transformations additives).
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Penser le rôle du schéma comme un signe co-existant avec d'autres Le rôle du schéma est problématique pour la situation, en effet quand :
Dans ces deux cas, le rôle du schéma ne paraît pas régler la situation. Une piste possible c'est de penser le schéma comme un signe qui doit co-exister avec d'autres pour organiser, orchestrer la construction de cet exercice. Ce qu'on voit dans la classe, c'est qu'il prend difficilement ce rôle. Peut-être aussi parce que les connaissances en jeu sont difficilement identifiables. |
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Pour (ne pas) conclure Cette situation de classe représente un vrai défi en formation : analyser les savoirs transparents nécessaires pour réaliser la tâche prescrite par l’enseignante. Pour s’exercer à cette activité très exigeante, on peut commencer par identifier des difficultés observées dans l'activité des élèves à produire des formulations et aux difficultés de l’enseignante à les reformuler. Puis remonter à l'analyse de la tâche afin de mettre au jour les savoirs en jeu. Partir des malentendus, des formulations intermédiaires, de la diversité des inégalités socio-cognitives des élèves, c'est se donner des objets de travail du point de vue didactique dans l'accompagnement et la formation. |
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Lors de la formation de formateurs sur les mathématiques à l'Ifé (2022), Lalina Coulange, professeure à l'université de Bordeaux propose un atelier intitulé "Analyser une situation de classe en formation d'un point de vue didactique : que nous apprennent les activités (dont langagières) des élèves et les pratiques des enseignants en REP ? ".
















