Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Centre Alain Savary
Navigation
Vous êtes ici : Accueil / Métiers / Pilotes / Enquête sur le pilotage des réseaux d'Éducation Prioritaire / S’outiller pour lire le réel et gagner en efficience / Le regard de l'ergonome / Flore Barcellini : travail collectif, collectif de travail et collaboration

Flore Barcellini : travail collectif, collectif de travail et collaboration

Par Stéphane Kus publié 06/06/2017 11:55, Dernière modification 08/10/2017 17:12
Lors de la formation « Impulser, piloter et coordonner le Réseau d'Éducation Prioritaire pour soutenir l'activité collective inter-métiers » qui s’est tenue à l’IFÉ en juin 2017, Flore Barcellini, Professeure des Universités en ergonomie au CNAM, a présenté quelques règles concernant la qualité du travail collectif et les conditions de développement d’un collectif de travail.
video1
video1
Travail collectif : qu’est-ce qui est réellement commun ? 0:00:00
La « synchronisation cognitive » en vue d’objectifs réellement communs, prend du temps 0:01:17
Désaccords et explications, moteur du travail 0:02:04
L’élaboration d’objectifs communs se réalise dans le faire et dans la contextualisation des problèmes 0:03:59
En amont, recueillir des situations réelles ou être accompagnés 0:05:12
Exemple de modèle : les actions du pilotage 0:05:50
Rôle des pilotes 0:07:55
collectif de travail 0:10:35
Conclusion 0:11:56

On distingue le travail collectif du collectif de travail et préconise de penser les situations de travail qui soutiennent la qualité du travail . Elle propose, plutôt que de « mettre les gens ensemble et leur demander ce qu’ils pensent », de leur donner à voir le travail réel, formaliser les difficultés et les dilemmes des professionnels, pour les aider à repérer, comprendre et transformer, individuellement et collectivement, leur activité.

Travail collectif : qu’est-ce qui est réellement commun ?

Quand des personnes se réunissent autour d’un objectif commun, on parle de travail collectif. L’objectif prescrit est descendant et chaque métier a une certaine représentation de cet objectif. Chacun a une perspective différente, liée à son activité, à ses règles et normes de métier. Il est nécessaire de faire un premier travail dans le groupe, en prenant le risque d’une efficacité moyenne, pour s’aligner, se confronter, se construire un réel commun.

La « synchronisation cognitive » en vue d’objectifs réellement communs, prend du temps

Selon Flore Barcellini, la « synchronisation cognitive » vise à élaborer un objectif vraiment commun, cela ne se décrète pas et cela prend du temps. « Il est illusoire de penser qu’en se contentant de réunir plusieurs métiers, ils vont réellement avoir un objectif commun par la magie du prescrit commun. Il y a donc un travail à conduire, et c’est une vraie activité, de co-élaboration de ce que peuvent être les objectifs communs. Il faut s’expliquer les choses pour avoir des objectifs communs. »

Désaccords et explications, moteur du travail

Il est nécessaire de discuter sur quelque chose de précis, dans des interactions qui visent la clarification, l’explicitation de points de vues. C’est souvent lorsque les situations, dans le micro, donnent lieu à des désaccords, des divergences d’interprétation sur les situations, qu’on va chercher à expliciter, à « régler », à interroger les normes implicites. Le désaccord n’est pas un conflit interpersonnel, mais une source de développement du “référentiel commun”.

Il faut pour cela se mettre dans une posture constructive, se dire « on n’est pas d’accord parce qu’on n’a pas la même représentation du problème, on va essayer de clarifier notre point de vue et de construire un consensus possible ».

L’élaboration d’objectifs communs se réalise dans le faire et dans la contextualisation des problèmes

Cette élaboration d’objectifs réellement communs, ce référentiel commun se construisent dans le faire, dans des interactions autour de choses qu’on essaie réellement de faire ensemble.
Il faut traduire le prescrit (par exemple créer la liaison école-collège) dans le contexte spécifique de chaque école, chaque établissement, chaque réseau.

En amont recueillir des situations réelles ou être accompagnés

Pour engager le travail d’élaboration d’objectifs commun, on peut essayer de regarder ensemble ce qui se passe dans les classes, ou plus simplement ramener dans la réunion l’ancrage du réel, avec l’aide de quelqu’un dont c’est le métier, qui va proposer des modèles sur ce qu’est le travail dans les écoles.

Exemple de modèle : les actions du pilotage

Les ergonomes proposent des « modèles » de l’activité, un objet représenté graphiquement qui permet de faire en sorte qu’on parle de notre compréhension de ce modèle, en s’ y ancrant. Ce ne sont pas des modèles « théoriques », mais des objets intermédiaires qui aident à se représenter ce qu’on cherche à faire ensemble. Il est intéressant de les amener tôt, pour apprendre à parler ensemble du réel, et à construire du référentiel commun (références communes) assez vite.

Rôle des pilotes

La question de la hiérarchie, dans le travail collectif à réaliser, est évidemment une vraie question. Le responsable de service peut être le chef de projet, ou pas. Il peut déléguer, parce qu’il n’est pas compétent sur toutes les questions, sur un projet ou sur un champ, à un coordonnateur ou à un chef de projet qui va s’assurer que les relations de travail soient le plus efficace possible. Mais cela nécessite de se donner des règles, afin qu’on puisse, dans l’espace de travail consacré au projet, enlever sa casquette de chef, qu’on collabore au même niveau, le temps du projet en cours.

Lorsqu’une prescription est conçue, elle n’est jamais recevable telle quelle. Chacun doit redéfinir, incorporer cette prescription pour en faire quelque chose. Mais avant d’avoir été confronté au « faire », réellement, on ne sait pas ce qui sera à faire. Les rôles sont à définir, ils ne sont pas définis a-priori.

« Certes, il faut commencer à se donner des règles, préciser comment chacun voit son rôle… Mais c’est en faisant ensemble que les choses vont s’affiner, les rôles se préciser. Ce processus, il faut admettre qu’il existe, et que les premiers cas qu’on va traiter seront un terrain de jeu pour se construire les règles, presque comme un jeu sérieux sur lequel on va apprendre à s’aligner, en prenant le temps de le faire ».

collectif de travail

Au-delà de ce travail collectif, le sens de « collectif de travail » est beaucoup plus fort : ce sont des personnes qui se sont donnés des règles de travail en commun et qui sont capables de débattre sur ces règles et sur ce qui fait la qualité du travail.

Conclusion

Les collectifs de travail sont souvent informels. Le collectif de travail émerge dans le faire ensemble. Mais il peut y avoir du travail collectif sans que jamais un collectif de travail ne se développe.

Présentation du centre

vignette-teaser-cas

Lettre d'actualités
newsletters Pour vous abonner, entrez votre adresse de messagerie :

Actualités
11/09/2018 Patrick Picard, membre de l'équipe puis responsable du centre Alain Savary – IFÉ, de 2010 à 2018, a développé, transformé, dynamisé, impulsé, coordonné le travail de l’équipe de ce centre dédié, in fine, à la réduction des inégalités et à la réussite des élèves scolarisés dans les territoires et établissements confrontés à d’importantes difficultés sociales et scolaires.
05/09/2018 Ce module de formation s'intéresse à un moment-clé de l'enseignement/apprentissage des mathématiques où l'enseignant propose une consigne de travail à la classe pour réaliser une tâche. Il a pour objectif de mettre en discussion ce qu'on met derrière le terme d'"explicitation" et de repérer des manières de faire plus ou moins efficaces en fonction du projet didactique de l'enseignant.
03/09/2018 Cette publication "Relations École-Familles de la maternelle au lycée" est le résultat de travaux conduits en séminaire par des praticiens, des formateurs et des chercheurs à partir de dispositifs pérennes qui ont fait leur preuve sur plusieurs années. C'est une ressource qui permet de nourrir l'action et la réflexion sur les relations entre enseignant(s)-parent(s), École et Familles de milieux populaires.
23/08/2018 Stéphane Kus quitte le Centre Alain-Savary. Sa contribution sur les dossiers des discriminations, du travail de l'élève, du partenariat ou du pilotage de l'éducation prioritaire fut essentielle.
17/07/2018 Responsable du service "Veille & Analyses" de l'IFÉ, Olivier Rey précise à quelles conditions il lui semble possible de réformer le système éducatif. Il s'appuie sur le dossier qu'il a réalisé, pour rendre accessibles les résultats des recherches internationales sur la question.
02/07/2018 Faut-il travailler des catégorisations de problèmes en formation et/ou dans la classe avec les élèves ? Si oui, lesquelles ? Intérêts/limites de ce travail ? Et la schématisation, quel rôle joue-t-elle dans l'enseignement de la résolution de problèmes en mathématiques ? Ces questions préoccupent les formateurs et les enseignants. Le Centre Alain Savary a sollicité les points de vue de chercheurs en didactique des mathématiques et en psychologie cognitive pour tenter de comprendre où sont les controverses.
28/06/2018 Dans l'académie de Versailles, des formateurs "Education Prioritaire" sont sollicités par un lycée pour travailler la question du travail personnel. Bien que ce soit "hors réseau", ils relèvent le défi à partir d'une observation précise de l'ordinaire du travail des enseignants et des élèves.
19/06/2018 Conseillers pédagogiques à Cluses (74), Aude Valéro et Eric Sonzogni ont mis en place les conditions de l'accompagnement et de l'évaluation du travail mis en oeuvre avec les écoles travaillant dans le cadre du dispositif "Plus de maitres que de classes". Verdict en graphiques.
02/06/2018 En quoi les propos d’un sociologue de l’action publique peuvent-ils rejoindre les préoccupations des formateurs et des pilotes ? Xavier Pons s’intéresse à la façon dont les politiques conçoivent et mettent en oeuvre des réformes, et donc cherche à comprendre les relations entre les acteurs. En plongeant dans les vingt dernières années de politiques éducatives, il nous livre des clés tout à fait utiles pour comprendre et agir au présent.
30/05/2018 A vos agendas ! Les formations du centre Alain-Savary, organisées dans le cadre de l'IFE, sont accessibles gratuitement aux cadres, formateurs, coordonnateurs, qui souhaitent y participer. Les formations ont lieu à l’IFE 19 allée de Fontenay 69007 Lyon. Elles sont destinées à soutenir et outiller les professionnels en charge de construire des espaces de formation, d'accompagnement et de travail collectif des personnels enseignants et éducatifs.
Contacts

Centre Alain-Savary

IFé - ENS de Lyon
15 parvis René Descartes
BP 7000
69342 Lyon Cedex 07

courriel : cas.ife[at]ens-lyon.fr