Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Centre Alain Savary
Navigation

comprendre l’organisation du travail

Par Stéphane Kus publié 06/06/2017 14:55, Dernière modification 06/10/2017 15:42
A partir des réunions que nous avons filmées et des entretiens conduits avec chaque participant dans sept réseaux, nous avons essayé de rendre compte de l’organisation du travail de co-pilotage dans chaque réseau. Chaque schéma a ensuite été rediscuté et enrichi en séminaire avec chacun d'eux. Ces schémas permettent de mesurer que ce que prescrivent les textes est à chaque fois traduit et adapté dans chaque réseau pour rendre le pilotage opérationnel.

Des invariants

  • Le comité de pilotage n’est quasiment jamais une instance de réflexion et de décision, tout au plus de présentation et de validation : le nombre de participants (prescrits par les textes) rend difficile d’en faire une instance opérationnelle.
  • Du coup, presque tous les réseaux ont mis en place un comité plus restreint (à géométrie variable en fonction des réseaux) qui est le vrai lieu de la réflexion et de la décision. Ce comité, qui renormalise les prescriptions, prend du coup des appellations et des fonctions différentes : comité stratégique, réunion de pilotage, conseil de réseau, comité restreint, etc.
  • Tous les réseaux doivent arbitrer autour de dilemmes entre ce qui doit relever du comité de pilotage du REP et ce qui doit relever du conseil écoles/collège : qui y participe ? quels objets de travail dans chaque instance ? comment articuler le réseau, la circonscription du premier degré, le ou les secteurs de recrutement de collège ? comment faire pour que ces instances permettent réellement la mise en synergie du premier et du second degré ? etc.
  • Les instances ne peuvent fonctionner sans une multitude d’interactions plus ou moins formelles entre les pilotes, le coordonnateur, et tous les autres personnels du réseau ainsi que les partenaires.

Des spécificités

  • Au delà de ces invariants, chaque réseau a des fonctionnements spécifiques, liés à la géographie du réseau, à l’histoire de celui-ci et à l’histoire des personnes qui y travaillent. La place des acteurs n’est quasiment jamais la même d’un réseau à un autre, et cette place peut se reconfigurer dans le temps.
  • Nous avons constaté aussi des différences très nettes entre les REP+ et les REP. Les REP+ disposent certes de plus de moyens et de temps, mais du coup cela rajoute pour eux de la complexité et de la charge de travail pour organiser l’utilisation cohérente de ces ressources supplémentaires, d’autant plus que le turn over des personnels peut y être important.

Exemple 1 : Un réseau rural et des instances regroupées

Le réseau X est un nouveau REP rural. Ce schéma des instances a été réalisé avec l’équipe l’année 2 de la vie du réseau. Les trois pilotes et le coordonnateur ont été nommés cette année-là et leurs expériences communes dataient de 6 mois au moment du début de l’enquête.

SCHÉMA INSTANCES 2

 

Le schéma a été réalisé avec comme objectif de comprendre l’importance de chacune des instances en termes d’enrôlement et de mise au travail des personnes qui y siègent. L’équipe a aussi tenté de décrire les liens entre les différentes instances.

Des choix pour faire réseau

  • L’équipe de pilotage considère qu’elle a un rôle primordial dans l’enrôlement des équipes autour d’actions concrètes du projet de réseau.

Parole de pilote : « Mettre en place des actions c’est un bon moyen pour rassembler tous les acteurs autour d’un projet commun. Le mot action n’est peut-être pas le bon, ce qui m’intéresse c’est la construction, le travail préalable pédagogique et éducatif. S’il y a peu d’avant et pas d’après, c’est de l’animation. »

 

  • Le conseil école-collège associe le plus de personnes possibles pour travailler soit sur des objets réseau comme la co-éducation ou l’explicitation, soit sur des objets du cycle 3 comme la progressivité des apprentissages entre école et collège.

Parole de pilote : « C’est une instance qui va pouvoir diffuser un peu les choses mais je veux qu’on puisse avoir une construction commune avec des groupes de travail. C’est ma façon de dire : on travaille ensemble. »

  

  • Le comité de pilotage est une instance qui ne les satisfait pas encore car ce n’est pas une instance de travail.

Exemple 2 : Le réseau W : Un pilotage resserré

On ne peut comprendre la spécificité de l’organisation du pilotage de ce réseau, que si l’on regarde la complexité géographique et administrative auquel il est confronté (voir ci-dessous).

SCHÉMA RÉSEAU 3

Ce double réseau (2 REP+ qui font le choix de fonctionner ensemble) est constitué de deux collèges mitoyens qui ont unifié leur secteur de recrutement pour homogénéiser leur public. Ce secteur comprend des écoles en REP (17) et d’autres qui ne le sont pas. Certaines écoles font partie du double REP+ bien que la majorité de leurs élèves dépendent d’un autre secteur de collège situé sur une commune voisine. La préoccupation des pilotes (principaux des 2 collèges et IEN) est avant tout d’afficher une non-concurrence et un équilibre des deux collèges, bien que leur histoire, leur fonctionnement et leurs résultats diffèrent fortement.

SCHÉMA INSTANCES 1

De ce fait, les discussions se font à huis-clos entre les trois pilotes, qui veulent ensuite afficher une image de cohérence et d’équilibre, le travail est ensuite prescrit aux deux coordonnateurs (l’un issu du premier degré, l’autre du second), présenté dans une réunion restreinte (avec les principaux adjoints, le directeur de la SEGPA, qui ont du mal à trouver du sens à ce qui est présenté) avant d’arriver au comité de pilotage devant plus de cinquante personnes. 

La réflexion pédagogique n’apparaît pas dans ce circuit. Elle a lieu soit dans les commissions du conseil école-collège, soit dans des espaces plus informels et invisibles : par exemple, le principal adjoint d’un des collèges, anime une réflexion avec quelques professeurs sur les devoirs et le travail personnel.

D'autres réseaux, d'autres organisations du travail...

SCHÉMA INSTANCES 3

SCHÉMA INSTANCES 5

SCHÉMA INSTANCES 4

Présentation du centre

vignette-teaser-cas

Lettre d'actualités
newsletters Pour vous abonner, entrez votre adresse de messagerie :

Actualités
19/06/2018 Conseillers pédagogiques à Cluses (74), Aude Valéro et Eric Sonzogni ont mis en place les conditions de l'accompagnement et de l'évaluation du travail mis en oeuvre avec les écoles travaillant dans le cadre du dispositif "Plus de maitres que de classes". Verdict en graphiques.
02/06/2018 En quoi les propos d’un sociologue de l’action publique peuvent-ils rejoindre les préoccupations des formateurs et des pilotes ? Xavier Pons s’intéresse à la façon dont les politiques conçoivent et mettent en oeuvre des réformes, et donc cherche à comprendre les relations entre les acteurs. En plongeant dans les vingt dernières années de politiques éducatives, il nous livre des clés tout à fait utiles pour comprendre et agir au présent.
30/05/2018 A vos agendas ! Les formations du centre Alain-Savary, organisées dans le cadre de l'IFE, sont accessibles gratuitement aux cadres, formateurs, coordonnateurs, qui souhaitent y participer. Les formations ont lieu à l’IFE 19 allée de Fontenay 69007 Lyon. Elles sont destinées à soutenir et outiller les professionnels en charge de construire des espaces de formation, d'accompagnement et de travail collectif des personnels enseignants et éducatifs.
22/05/2018 "Écrire c'est à la fois calligraphier, copier, encoder et produire" explique Bernadette Kervyn, maitre de conférence à l'université de Bordeaux lors de son intervention en formation de formateurs à l'IFÉ en novembre 2017. Partie prenante de la recherche Lire et Ecrire, elle s'intéresse particulièrement à l'écriture : encodage, copie différée et production d'écrits.
07/05/2018 Lors de son intervention à l'Institut Français de l'Education, Marie-France Bishop, professeure des universités en sciences de l'Education, spécialiste de didactique du français, à l'université de Cergy Pontoise s’est exprimée sur les résultats de la recherche Lire et Ecrire en ce qui concerne la compréhension en lecture. Marie-France Bishop décline les résultats de la recherche selon trois points de vue, celui des élèves, celui des enseignants et celui des formateurs : - Qu’est-ce que la recherche a observé des difficultés des élèves en compréhension de lecture ? - Qu'est-ce que la recherche a montré de ce que les enseignants enseignent de la compréhension ? - Quelle formation mettre en place pour que la compréhension soit enseignée à tous les élèves de façon efficace ?
04/05/2018 Le 5 et 6 avril 2018 a eu lieu le colloque international EVASCOL sur le thème « École, migration, itinérance : regards croisés ». Ce fut l’occasion d’interroger la place de l’enseignement et l’apprentissage des mathématiques dans des contextes variés, et plus singulièrement la place de l’histoire et la culture/les cultures des mathématiques. La question d'enseignement à des élèves en situation d'allophonie (EANA=élève allophone nouvel arrivant) permet de travailler les langages qui sont au cœur de l'enseignement et l'apprentissage de la discipline. Tout en prenant en compte la nécessité de différentes modalités de prise en charge des élèves allophones dans une école inclusive, cette question de la confrontation à l'histoire et la culture des mathématiques par la médiation des langages touche tous les élèves, ainsi le propos de cet article cible tous les élèves.
25/04/2018 Le Centre Alain Savary produit des ressources, organise des séminaires et des formations sur la thématique des relations École-Familles. Lors de ces travaux nous avons eu l'occasion de travailler à plusieurs reprises avec l'Association des collectifs enfants parents professionnels (ACEPP). L'ouvrage ci-dessous donne un nouvel écho d'une démarche que conduit cette association : les Universités populaires de parents (UPP).
10/04/2018 Réunis à l'IFé pour la deuxième session de la formation "Gérer les élèves "perturbateurs", concevoir des formations pour soutenir les enseignants", les stagiaires ont travaillé - à partir de leur vécu de formateurs et d'accompagnants, de témoignages de formateurs, et d'analyses de vidéos de situations de classe - pour identifier les freins et leviers pour construire des formations.
04/04/2018 Michel Ramos est enseignant/formateur à la faculté d'éducation de l'université de Montpellier (partenaire de l'ESPE) depuis plusieurs années. Il travaille avec ses étudiants et avec les enseignants stagiaires, à partir de vidéos de séquences courtes mettant en scène des enseignants, débutants ou chevronnés. Il témoigne de la difficulté, pour les formateurs comme pour les enseignants, de conduire un travail d'analyse et affirme la nécessité de se doter d'outils collectifs pour se prémunir de la tendance au jugement.
30/03/2018 Françoise Estival est une professeure des écoles expérimentée qui exerce dans la Drôme. Depuis 2002 elle a une mission d’accueil et d’accompagnement de parcours de scolarisation d’élèves allophones nouvellement arrivés au sein du dispositif UPE2A. Dès le départ, cette enseignante a rapidement constaté que le temps dédié à l’apprentissage de la langue française et celui de l’accompagnement dans le processus d’acculturation à l’école étaient bien insuffisants. Elle a alors fondé une association Faciliter le langage aux enfants (FLE).
Contacts

Centre Alain-Savary

IFé - ENS de Lyon
15 parvis René Descartes
BP 7000
69342 Lyon Cedex 07

courriel : cas.ife[at]ens-lyon.fr