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"La leçon de l’art, malgré tout… l’expérience esthétique pour tous", conférence d’Alain Kerlan

Par mjampy — publié 13/06/2014 09:55, Dernière modification 14/04/2016 12:05
Que fait l'art à l'Ecole ? c'est ce que se demande Alain Kerlan, philosophe, professeur émérite, université Lyon 2, lors de la formation Art et Ecole organisée au Centre Alain Savary le 17-18 février 2014

 

Ce que l’art « fait » à l’école sous-tend des effets multiples non réductibles à une approche didactico-pédagogique. Alain Kerlan est convaincu qu’il y a une puissance éducative par l’art  et à travers l’art. Mais, sommes-nous capables de réunir les conditions pour proposer aux élèves une expérience esthétique authentique ?
Alain Kerlan commence par une mise en perspective historique de la présence de l’art à l’école en se référant à Schiller qui, dès 1795, insiste sur l’éducation esthétique. Il le cite de mémoire « si vous voulez que vos citoyens accèdent à la liberté commencez par l’éducation esthétique ».
A ce jour, pour le chercheur, ce qui est nouveau et significatif, c’est l’entrée des artistes dans l‘école. Même s’il n’y a pas de recensement exhaustif, la tendance semble forte. Il illustre  cette entrée des artistes dans l’École avec l’énumération de dispositifs ou projets qu’il suit : Lyon, Enfance Art et Langage, résidences d’artistes dans des écoles maternelles depuis dix ans  ; Montpellier, une résidence d’artistes de quatre ans dans une classe d’un collège Éducation prioritaire ; un plasticien photographe en lycée professionnel ; avec l’université de Lyon, au musée des moulages, un plasticien a installé une œuvre avec des étudiants.
L’universitaire nous interroge sur les motivations à faire entrer des artistes dans l’école ? L’art aurait-il la capacité de résoudre les difficultés rencontrées par l’institution et en particulier, celles concernant l’échec scolaire ? Les objectifs visent plusieurs niveaux de préoccupation : pédagogiques, de démocratisation culturelle, d’éducation à la citoyenneté, de socialisation, etc. Toutefois lorsque des artistes entrent à l’école, du fait même des exigences propres aux disciplines, les temps et l’espace scolaire en sont modifiés.
Reste la question délicate de l’évaluation nécessaire des pratiques artistiques avec le risque de les enfermer dans des grilles inadaptées spécifiques à la forme scolaire.
Quand aux effets, il est difficile d’envisager que ces pratiques génèrent d’importants changements où qu’elles se cantonnent à faire progresser scolairement les élèves. Une chercheure anglo-saxonne, Pipa Lord, montre que cela procède d’un triangle d’apprentissage mutuel entre les élèves, les enseignants et les artistes
Les effets de l’art à l’école ne sont pas automatiques et le chercheur se demande quelles seraient les conditions pour que l’art amène quelque chose à l’école ? Quelle serait la « bonne » pédagogie de l’intervention artistique ?

Voir l'intervention d'Alain Kerlan (1H21) :

Alain Kerlan



Alain Kerlan, Des artistes à la maternelle. Lyon: SCEREN-CRDP Académie de Lyon : Ville de Lyon, 2005.

Schiller (van) F., Lettres sur l’éducation esthétique de l’homme


Ecouter l’intervention d’Alain Kerlan 1H07
Ecouter les échanges 11 min
Voir le diaporama de l’intervention d’Alain Kerlan